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Le blog  Aimons les Comores de SAID IBRAHIM

Dis-moi ce que tu manges et tu fermes la gueule !

25 Septembre 2009 , Rédigé par aimons les comores

Dis-moi ce que tu manges et tu fermes la gueule !


Après plusieurs tractations, le dossier des Comores avait sué un rejet systématique du Conseil d'Administration de la Banque Mondiale. Heureusement que le pays a désormais un avocat .Ce n'est ni Me Jacques Vergès ni Me Fahami Said Ibrahim. C'est une puissance économique et politique mondiale. Le marché a été bien ficelé avec la complicité de ceux qui prétendent défendre les intérêts du continent africain. L'introduction du Ministre libyen Ali Triki et la déclaration de plus d'une heure de temps de Kadhafi ne sont qu'une diversion et du cinéma. C'est la France et la Libye qui défendent les Comores mais leurs honoraires sont salés et trop élevés.

Au lendemain du mois de Ramadan, la Libye conditionne les Comores en leur offrant un chèque de 2000000 $ américains pour régler les salaires. La Libye était à la recherche de valets pour mieux s'assoir dans le fauteuil du président du l'Assemblée générale des Nations Unies en évitant les dossiers qui fâchent. Le marché est partiellement conclu entre les deux pays pour retirer la question de l'île comorienne de Mayotte à l'ordre du jour de cette année et de l'année prochaine.

Ensuite intervient le grand avocat. C'est la France qui, par le truchement de Dominique Strauss Khan, président du FMI, mettra tout son poids dans la balance pour que le dossier des Comores passe au Conseil d'Administration du FMI mais à quel prix ? Le retrait pur et simple de la question de Mayotte à l'ordre du jour de l'Assemblée générale de l'ONU. Désormais, c'est fait. N'est ce pas un énième acte de trahison de mollah Sambi ?

Le pays est en danger avec à sa tête des pyromanes. La mission des notes et des fausses notes verbales a été menée par un Ambassadeur franco comorien à l'ONU dont le degré de patriotisme ne dépasse pas son attachement à son apéritif. A ce corollaire, Anjouan bénéficiera d'un don de l'AFD à hauteur de 150 000 000 fc pour restructurer son administration et 600 000 fc pour rénover le réseau de l'Electricité d'Anjouan.

Dans cette transaction pour confirmer que Mayotte est soldée, cette île bénéficie désormais des redevances pour le compte de sa Zone Economique Exclusive. Si la pêche la plus visible pour la population mahoraise est artisanale, Mayotte est aussi dans une zone importante de pêche thonière hauturière. On parle de pêche hauturière lorsque le bateau passe plus de 96 heures d'affilée en mer. L'avancée que viennent d'obtenir les pêcheurs mahorais - à qui bénéficieront désormais les revenus des licences - concerne donc plus généralement les pêches réalisées dans la zone économique exclusive qui entoure le territoire.
Outre la Tanzanie, le Mozambique, Madagascar, les Seychelles et les Comores, la France possède également une ZEE importante grâce à Mayotte et aux Iles Eparses.

Un chiffre d'affaire estimé entre 4 et 6 millions d'euros. L'atout est particulièrement important puisque “sur les 5 dernières années, il apparaît que les principales zones de pêche sont situées en ZEE malgache et française”. Les thoniers espagnols sont les plus présents dans cette zone. Ainsi, le préfet délivre chaque année “une trentaine de licences aux thoniers espagnols”. Ce sont ainsi “entre 4.000 et 6.000 tonnes de thons qui sont pêchés annuellement dans la ZEE de Mayotte”. Ce qui représente un chiffre d'affaire annuel compris entre 4 et 6 millions d'euros, considérant que “le prix du thon tropical sur les marchés internationaux (notamment Bangkok qui sert de référence) se situe à près de 1 €/kg”. Une manne financière dont Mayotte ne voyait, jusque là, pas la couleur.

Or déjà dans le cadre des études de stratégie de l'océan Indien, plusieurs écrits, notamment, ceux du professeur Oraison et du professeur Taglioni mettent en cause la présence française dans cette zone dont les frontières ne sont toujours pas délimitées.

Ainsi, la probation du Conseil d'administration du Fonds monétaire international (FMI) le 22 septembre, pour un don sur une période de trois ans, d'environ 21,5 millions $ US pour la Réduction de la Pauvreté et la Croissance (FRPC) à l'Union des Comores n'est qu'une façon pour la France de dire à Sambi " dis moi ce que tu manges et fermes ta gueule".


Soulé Ali M.
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