Overblog Tous les blogs Top blogs Politique Tous les blogs Politique
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
Publicité
Le blog  Aimons les Comores de SAID IBRAHIM

Discours d'adieu ou y aurait-il deux Sambi dans le bateau?

27 Septembre 2009 , Rédigé par aimons les comores

Discours d'adieu ou y aurait-il deux Sambi dans le bateau?
A moins de six mois de la fin du mandat du président Sambi, nous avons tous et sans exception le droit de poser les vraies interrogations, mêmes celles qui '' fâchent''. Une manière de préparer l'après Sambi dans la sérénité, et surtout éviter les expressions telles que '' règlements de comptes ou acharnement'', '' Sambi n'est pas le seul'', '' Sambi ne savait pas ce qui se passait dans son entourage'', '' Sambi n'a pas commis de crime car ses prédécesseurs ont fait la même chose'', '' Sambi harahara ka na ntrontro'' '' Sambi ignorait que les fonctionnaires ne sont pas payés et que le ministre des finances et le TPG l'ont menti'' On ne chipote pas les compliments à l'endroit du président au sommet de l'Etat.

Oui, éviter ces expressions car un peu comme un tsunami, dans son discours enregistré à l'occasion de l'Aid El Fitre, avant de s'envoler vers New York, le président a passé en revue toutes ces expressions pour '' laver'' son honneur et jeter toutes les responsabilités aux siens car, conscient qu'il est, il sait que le pays n'a jamais souffert comme ce fut le cas pendant son mandat. Le président Sambi qui se présente en position de victime n'entend pas s'expliquer un jour sur la gestion de son pays car il se considère propre et il appartient à ses collaborateurs qu'il continue à douter de leur sincérité de s'exprimer devant les Comoriens.

Je vous propose ici quelques passages du discours du président sous forme de témoignage et de meaculpa:

''Mes frères, Je voudrais dire à tous ceux qui me haïssent et à travers eux à tous les citoyens qu'au delà de tout ce qui se dit, je me suis efforcé d'être le Président de tous les Comoriens. Je ne suis pas le Président d'un village. Je ne suis pas le président d'une île mais je me suis efforcé d'être celui de tous les Comoriens. Au-delà de tout ce qui se dit, je peux jurer au nom d'Allah que depuis que je suis président, je n'ai jamais volé un seul denier public et c'est la vérité. Depuis que je suis Président je n'ai jamais eu recours à la corruption ou à l'abus de pouvoir pour des intérêts personnels. Ceux qui sont autour de moi le savent. Je vous le dis car certains veulent m'endosser des habits qui ne sont pas les miens'
'.

Et Sambi de continuer : ''Demandez aux responsables des sociétés d'Etat, notamment à l'ancien et au nouveau directeur de l'ONICOR, au Directeur de la Société des Hydrocarbures et celui des Télécoms, si comme d'autres, j'ai un seul jour cherché à m'ingérer dans leurs démarches pour les marchés pour savoir qui nous vend du riz, comme d'autre interviennent pour obtenir des dessous-de-table, qui nous vend du pétrole ou quels sont les marchés avec qui traitent les Télécoms, puisque ce sont les sociétés qui font rentrer de l'argent. Je sais pourtant que certains considèrent cela comme un vol sophistiqué. Je ne l'ai jamais pratiqué et jamais je ne le ferai.

Mes frères, parmi mes qualités que j'ai, que certains connaissent et d'autres pas, je refuse la corruption et les interventions. Je l'ai dit et je le répète aujourd'hui, demandez au Trésorier-payeur Général ou au Ministre des finances en place, si, depuis que je suis là, j'ai un seul jour envoyé quelqu'un se faire payer un bon de caisse alors que nous avons interdit cette pratique : ni un parent, ni un ami, ni un proche, alors que certains d'entre eux me le demandent. Je m'y refuse puisqu'il a été convenu qu'on ne le ferait pas. Sachant que d'autres ont encore cette pratique, moi, je ne l'ai jamais fait. Des ministres m'ont avoué y avoir fait recours mais moi, je ne fais l'avocat que de ma propre personne.

Mes frères, depuis que je suis là, je n'ai jamais accepté d'accorder leur installation à des investisseurs, moyennant un sou pour moi. Des sociétés de transports sont venues, les propriétaires des hôtels et différentes autres sociétés, personne n'osera dire que j'ai conditionné sa venue au versement d'un sou pour moi. Au contraire, j'ai laissé les choses suivre leur cours conformément à la Loi. Et si d'aventure, des gens ont eu recours à la corruption, ce n'est pas moi qui le leur ai dit. Ainsi, je leur dirais que si quelqu'un à qui j'ai accordé une parcelle de pouvoir s'est servi personnellement, c'est du feu qu'il a ingéré et Dieu le punira. Mais puisque je me défends personnellement, pour que vous citoyens me compreniez, par Allah le Tout-Puissant, je me considère comme le disciple de Mouhammad Bin Abdillah et non celui de Machiavel. D'aucuns voudraient bien que je devienne machiavélique mais jamais je ne le serai. Cela me vaut la vindicte de certains qui me croient naïf, pas très intelligent parce que je ne me suis pas avantagé personnellement mais j'ai compris que j'ai pris un engagement envers vous. Je pourrais ainsi continuer à prendre ma défense mais je me contenterai de saisir cette occasion pour vous livrer le peu que je viens de vous dire''.

''Je ne fais que l'avocat de ma propre personne'', cette phrase résume en un mot pourquoi le président fatigué, à bout de souffle qui s'apprête à quitter Beit Salam anticipe les jugements des uns et des autres et comme en début de son pouvoir, atteste sa fameuse phrase, je cite '' je suis mal servi et quelques fois trahi par les miens''. Il s'en remet à Dieu alors qu'hier, il s'en remettait à Azad Mzé et Nidhoim Athoumane. Il ne songe même pas mettre en place la Cour Suprême pour faire traduire par cette dernière ceux et celles qui le trahissent aujourd'hui.

Est-ce cela suffit réellement quand on sait que le pays est gouverné sans loi de finances mais avec des ordonnances dont le seul signataire est le président Sambi ? Est-ce cela suffit si l'on sait que le pays est privé d'un parlement pour que l'Exécutif ait la main partout sans contre pouvoir? Est-ce cela suffit si l'on sait que deux présidents de la Cour Constitutionnelle se sont fait débarqués par le président Sambi parce qu'ils ont refusé d'obéir à ses injonctions ? Est-ce cela suffit si l'on sait que notre citoyenneté a été bradée à des inconnus sans la consultation du peuple et que les dividendes sont partagées entre le pouvoir et la société Comor Golf Hulding ? Est-ce cela suffit si l'on sait que les milliards du Projet Habitat n'ont jamais fait l'objet d'une budgétisation quelconque mais gérés par le président lui-même et ses amis à travers des petits mots? Est-ce cela suffit lorsqu'on sait que le débarquement à Anjouan n'était qu'une guerre de façade pour sauver certains et humilier d'autres ? Est-ce cela suffit lorsqu'on sait que les vrais coupables du séparatisme jouissent de leur propre liberté et sans inquiétude alors que de simples militaires qui n'ont fait qu'obéir aux ordres de leurs chefs croupissent à Kandani dans des conditions inhumaines ? Est-ce cela suffit lorsqu'on sait que les membres du gouvernement de Ngazidja sont jetés en prison et privés de leurs prérogatives et toujours sous la volonté d'un seul homme qui s'appelle Ahmed Abdallah Mohamed Sambi ? Est-ce cela suffit lorsqu'on sait que ce jour du '' procès de Nuremberg'' comme le qualifie le procureur de la République, le président et son ministre de la Justice ont fait apparition au palais de justice pour intimider le parquet et l'obliger à sanctionner, alors que Sambi n'a cessé de nous parler d'une Justice indépendante ? La liste de ces interrogations est longue et Je m'en passe.

Oui, je suis en droit de me demander si il y aurait-il deux Sambi dans le bateau car entre ce qu'il dit et ce qu'il fait il y a un grand écart. Pas plus loin que cette semaine sur la tribune des Nations Unies, dans un discours qui nous fait pleurer tous, le président Sambi nous a tous humiliés en signant un chèque en blanc à la France comme l'a répété le 6 août dernier à une délégation de la classe politique de sa mouvance au palais de Dar Nour à Mutsamudu, lorsqu'il a décidé de proposer à la France de lui louer Mayotte. Or avant de quitter les Comores pour New York, le président Sambi a mentionné ceci en ce qui concerne Mayotte dans son discours enregistré à l'occasion de l'Aid El Fitr pour tromper encore l'opinion comorienne :

'' Je vous rappelle que parmi nos grandes réussites figure le retour par nos soins, de la question de Mayotte, sur la scène internationale. Cette question, longtemps un peu oubliée, est revenue dans les instances internationales, notamment après l'organisation par les Français, d'un référendum à Mayotte. Des pays arabes aux pays africains, en passant par les pays non-alignés et la Conférence Islamique, tous ont condamné le référendum de Mayotte et défendu notre revendication relative au retour de cette île au sein des Comores. Cela fait aujourd'hui partie des résultats de la diplomatie que je dirige. J'estime alors que ceux qui font de moi la cible de leurs insultes, de leurs railleries et de leurs provocations bafouent mon droit à plus de considération, alors que je ne le mérite pas. Par Allah le Tout-Puissant, je mérite au contraire que vous m'aidiez à aller de l'avant. Au moment où la communauté internationale se montre favorable à notre pays, nous devrions unir nos forces pour construire le pays''.

Le constat est amer, n'en déplaise à ceux qui continuent à penser que notre président a réussi là où ses prédécesseurs ont échoué. Il me semble qu'il n'a jamais lu les résolutions adoptées avant son élection sur la question de Mayotte. La question a été toujours au cœur de la diplomatie comorienne depuis 1975.Aucun gouvernement comorien n'a jamais été défié par la France en faisant de l'île de Mayotte un Département français ! Non ! Sambi a trahi le Seigneur, la Nation et sa propre conscience. La diplomatie mondiale ne pouvait pas condamner un référendum qui n'avait pas encore été organisé. C'est fait aujourd'hui. Mais ce que nous attendions de la diplomatie comorienne est d'empêcher l'organisation du scrutin à Mayotte en amont et le condamner en aval. Or le gouvernement en a contribué en organisant parallèlement son référendum sur la Constitution comorienne pour cacher la forêt française de Mayotte.

C'est absurde de parler de mutations profondes dans le pays. En quatre ans, le pays est transformé en monopole d'Etat dictatorial qui pêche à la violence de la compétition grâce aux réseaux mafieux des shiites libano-syriens. On aurait pu penser que la SCH et Comores Telecom, puissantes Sociétés mal gérées mais rentables durant des décennies, allaient être restructurées et renforcées .Hélas ! Elles sont sacrifiées. A voir le chemin parcouru, on se dit qu'avec Sambi, il n'ya rien à tirer, tellement le décalage entre le discours et la structure est palpable.

Chaque jour qui se lève le pays est envahi par des '' investisseurs'' étrangers attirés par le charme de notre pays selon les propos du président de la République, et je veux bien y croire mais où sont-ils ces investissements. Si on me dit qu'ils utilisent notre pays pour s'attirer de fonds dont Dieu seul sait leur provenance et leur réelle destination, là, je serai d'accord mais qu'on arrête de nous traiter d'idiots car la vérité qui est à la porte ne tardera pas de faire surface et on saura tout.

Le président est élu pour un mandat de quatre ans non renouvelable. Il est théoriquement le président de tous les Comoriens. Personne ne le hait. Mais on a le droit de dénoncer des comportements indignes et une certaine gouvernance populiste. Je reste persuadé et convaincu que personne n'a le droit de tisser la haine pour paraphraser le Ministre le la Communication Djaé Ahamada et qui insiste sur la nécessité d'enterrer la hache de guerre. A la mouvance de le faire s'il n'est pas encore tard.

Par contre, nous les citoyens, nous avons le droit et le devoir d'exiger que la lumière soit faite dès maintenant au moment où le président lui-même s'innocente avant l'heure.

Mouigni Abdou
Citoyen comorien
Publicité
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article
B
<br /> Ceci étant dit, s'agissant des Comores, peut-on être inquiété et quel que soit le degré d'une culpabilité vis à vis du peuple ? Le rétroviseur renseigne beaucoup sur les infidélités et maux de<br /> toutes natures.<br /> <br /> ...wata waswawubil hak wata waswawubi swabri.<br /> <br /> <br />
Répondre
A
<br /> ok!<br /> <br /> <br />