Depuis que Sambi a évoqué la proposition de régler le contentieux mahorais par le système «Un pays, Deux administrations», nos politiciens et nos grands intellectuels ont retrouvé de la voix. Tout le monde y va de son petit commentaire. Après trois décennies d'inertie et de reculades, les défenseurs du projet soutiennent qu'il s'agit là, du seul moyen pour permettre un jour, la réintégration de Mayotte dans son ensemble naturel. Comme nous l'avons fait pour le GTHN qui fut une grosse farce, nous ne partageons pas du tout cet enthousiasme. Même si le système a été expérimenté ailleurs, il nous paraît pour des motifs de droit et de fait, irréalisable à Mayotte. En tout cas, il demeure pour des motifs de droit interne, à la merci du parlement français qui s'est constamment montré hostile à une réintégration de Mayotte dans le giron comorien.
En effet, il ne faut pas perdre de vue que le plan élaboré par Sambi exige des deux parties, une volonté réelle de poser les bases d'un dialogue sincère et constructif. Or, pour dialoguer, il faut être au moins deux. Sûre de son bon droit, la France a toujours agi avec beaucoup d'arrogance et de mépris à l'égard des intérêts de notre nation. Pour diviser et perpétuer la balkanisation de notre pays, la France s'est constamment réfugiée derrière le principe contestable et fragile d'un droit interne relatif à l'émancipation des populations, s'appuyant en la circonstance, sur les dispositions de l'article 53 de sa constitution qui stipule : « nulle cession, nul échange, nulle adjonction de territoire n'est valable sans le consentement des populations intéressées». Il faut rappeler qu'en agissant de la sorte, l'ancienne puissance colonisatrice fait fi du droit international et des multiples recommandations et condamnations de l'ONU, de l'UA et des différentes instances internationales.
A la lumière de cette analyse, il en ressort que si la décision de rechercher une solution acceptable est avant tout politique, il n'en demeure pas moins que le parlement français aura le dernier mot. Par ailleurs, le référendum organisé le 29 mars dernier à Mayotte, constitue une forme de verrou, un obstacle quasi insurmontable. Forts du résultat obtenu, les élus mahorais rejetteront il ne faut pas en douter, la proposition et se rapprocheront de leurs collègues de la métropole pour faire barrage. Ne soyons pas dupes car, le parlement français (Assemblée + Sénat) est aujourd'hui composé d'une majorité de droite. Il est certain qu'une proposition de loi relative à un autre statut de Mayotte sera recalée sans ménagement.
Pour ce qui est du volet économique, c'est-à-dire de l'accompagnement des Comores par la France dans son développement, il ne faut pas non plus se faire d'illusions car, encore une fois, les parlementaires qui votent le budget auront le dernier mot. Au cours des dernières années, le montant de l'aide française à la coopération s'est réduite comme une peau de chagrin. A un moment où le déficit budgétaire de la France atteint des sommets, je vois mal des députés allouer des crédits à un pays qu'il a toujours méprisé. Par contre, vous pouvez toujours rêver !
Les amis de Sambi ne doivent pas croire que le problème de Mayotte va être réglé entre le Rais et Sarkozy et encore moins, entre MM. Kouchner et Djaffar. Même si le système politique français accorde une prééminence à la fonction présidentielle, le rôle du parlement est tout aussi important. Le problème est qu'en marge des députés et sénateurs communistes, les autres membres qui demeurent dans leur âme, des nostalgiques de la Grande France Coloniale et de la Françafrique, n'ont jamais épousé la cause comorienne. Il ne faut donc pas se faire d'illusions sur un éventuel revirement de leur part.
Soumise à la volonté du Président français mais surtout au vote du parlement, la proposition « Un pays, deux Administrations» est vouée à l'échec. Elle n'a aucune chance d'aboutir. Un haut responsable du ministère français des affaires étrangères l'a qualifiée tout simplement de «loufoque». Cela veut dire, farfelu, déraisonnable, absurde, insensé et saugrenu. Le ton est donné. Un homme averti en vaut deux.
Enfin, nous restons toujours fidèle à nos opinions à savoir que la politique est et restera toujours, une épreuve de force. Dans le contentieux territorial qui nous oppose à la France, il ne peut y avoir de négociations que sur la base de relations d'égal à égal, ce que la France n'a jamais voulu faire. Il faudra donc l'y contraindre. Une seule solution s'offre à nous : REFUSER JUSQU'À NOUVEL ORDRE, L'EXPULSION DE NOS COMPATRIOTES DE L'ILE COMORIENNE DE MAYOTTE. Nous demeurons intimement persuadés que cette initiative pacifique obligera la France à venir s'asseoir sur une table pour rechercher une solution digne et acceptable pour tous. Cette option n'est pas difficile à mettre en œuvre. Elle exige cependant, de la volonté et un courage politique. Sambi et ses amis sont-ils capables d'un sursaut d'orgueil ou se contenteront-ils de nous endormir avec des proposition sans queue ni tête ? Cela est une autre affaire. Taréhi ndé hakim
LE 30 SEPTEMBRE 2009 / HOUMADI BACAR
sources : ianjouanpresid
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