L'ANCIEN MINISTRE de l'Intérieur de l'île d'Anjouan et bras droit de Mohamed Bacar jusqu'à sa chute, le 26 mars 2008, Djaanfar Salim, plus connu sous le surnom
de « Sarkozy », est de retour. L'un des hommes politiques les plus troubles de l'archipel, au centre des dérives mafieuses du régime Bacar et à la tête de groupuscules craints par tous les
Anjouanais, s'était fait discret depuis sa fuite d'Anjouan et sa retraite à Mayotte. Hébergé chez des proches en Petite Terre, il n'apparaissait que rarement en public, craignant des
représailles. Mais depuis quelques semaines, il multiplie les communiqués visant à dénoncer l'action de son tombeur, Ahmed Abdallah Sambi. Dans le dernier, daté du 20 septembre, il ne manque
pas d'humour – ou d'amnésie...
Celui qui accompagna Bacar dans son refus de participer à des élections libres accuse le président comorien de vouloir « s'accrocher à tout prix au pouvoir ». Plus risible encore : il ose se
plaindre de ne pas avoir pu participer au Forum des forces politiques de l'opposition, organisé à Mohéli les 10 et 11 septembre, « faute de pouvoir jouir du droit élémentaire reconnu à tout
citoyen d'aller et venir ». « Sarkozy » oublie de préciser que celui qui a fui Anjouan, après s'être extrait de sa cellule dans des conditions encore non résolues, afin d'éviter d'être jugé
pour ces actes...
Source : Upanga n°10 du 1er octobre 2009