COMORES : UNE CARICATURE DE LA POLITIQUE AFRICAINE DE LA FRANCE
Indépendantes depuis 1975, les Comores (Anjouan, Mayotte, Mohéli et Grande-Comore) sont aux yeux des observateurs sérieux, un excellent exemple de la Françafrique. De l’occupation de l’île comorienne de Mayotte au lendemain de l’indépendance aux coups d’état militaires à répétition dirigés depuis Paris et Mayotte, la France n’a visiblement jamais digéré l’indépendance de ce jeune Etat de l’Océan indien occidental peuplé seulement de 700 000 habitants. La situation géostratégique de ces îles y est certainement pour quelque chose. Situées à mi-chemin de l’Afrique de l’Est et de Madagascar dans le canal de Mozambique et à quelques centaines de kilomètres de la péninsule arabique les Comores seraient victimes de leur situation géographique.
Pendant 11 ans (1978-1989), Paris a encadré et financé un des régimes les plus abominables que n’a jamais connu la région. Celui d’Ahmed Abdallah et de Bob Denard, le plus célèbre des mercenaires français. En 26 ans, les Comores ont enterré deux chefs d’Etat, Ali Soilih (1978) et Abdallah (1989) tous deux assassinés par les Hommes de Bob Denard et donc sous recommandation de Paris. Un troisième, Djohar connaîtra l’exil (1995) à la Réunion, un territoire français des Mascareignes, toujours sous les recommandations de Paris.
Depuis 1975, le quart du territoire (Mayotte) est sous occupation française. Une occupation institutionnalisée par des simulacres de référendums dont les résultats ne sont reconnus que par l’Etat français. Considérant la présence française à Mayotte comme illégale et comme une violation du droit international, les Nations Unies ont voté plus de 20 résolutions condamnant cette occupation. La résolution n° 31/4 du 21/10/1976 du Conseil de sécurité de l’ONU stipule :
1- condamne les référendums du 8 février et du 11 avril 1976 organisé dans l’île comorienne de Mayotte par le gouvernement français et les considère comme nuls et non avenus, et rejette : a) toute autre forme de référendum ou consultation qui pourrait être organisée ultérieurement en territoire comorien de Mayotte. b) Toute législation étrangère tendant à légaliser une quelconque présence coloniale française en territoire comorien de Mayotte.
2- condamne énergiquement la présence française à Mayotte qui constitue une violation de l’unité nationale, de l’intégrité territoriale et de la souveraineté de la République indépendante des Comores !
Le visa d’entrée à Mayotte imposé aux Comoriens des trois autres îles depuis 1995 par le gouvernement Balladur aggrave la situation dans l’Archipel. Les conséquences de ce dernier sont désastreuses. Les organisations de défense des droits de l’Homme et la presse locale font état de 4000 victimes le nombre de Comoriens ayant perdu la vie en tentant (avec des bateaux peu confortables) de franchir seulement les 75km séparant Mayotte du reste du pays depuis l’instauration de ce visa. C’est un carnage ! Et il est intolérable et inadmissible qu’au moment où l’on fustige partout le principe des droits de l’Homme, la France continue à tuer en silence dans les eaux de l’Océan indien devenu au fil du temps un gigantesque cimetière. Ceci en toute impunité.
Pour toutes ces raisons, la Diascom (Coordination des Associations de la diaspora Comorienne ), la RADDHO (Rencontre Africaine pour la Défense des Droits de l’Homme) et bien d’autres Organisations demandent l’abrogation immédiate de ce VISA.
Source : http://www.ainfos.ca/02/jan/ainfos0...
De : R. Claudine
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