Constitution : Le chef de l'Etat reçoit les forces vives
Pour partager sa vision des nouvelles institutions du pays, le président de la République a reçu, samedi, des ulémas, des parlementaires de l'Union, et des représentants de partis politiques. Un parlementaire a dit apprécier la mobilisation fait autour de ce projet présidentiel et a ''espéré'' qu'il en soit ainsi pour les ''grandes causes nationales et notamment en ce qui concerne le projet de départementalisation par la France de l'île comorienne de Mayotte''.
Trois délégations ont été reçues samedi matin par le président Ahmad Abdallah Sambi à Beit Salam. Les ulémas, suivis des députés de l'assemblée fédérale puis des représentants des partis politiques, ont écouté tout à tour, le chef de l'Etat exposer les changements que lui et son gouvernement entendent apporter à la constitution du nouvel ensemble comorien, avant de la soumettre à l'approbation de la population par voie référendaire en mars prochain.
Mais il faut retenir qu'en plus de l'exposé verbal du président, des petits fascicules contenant les propositions d'amendement et de modification ont été distribués aux invités de Beit Salam.
Ethique politique
Certains, comme Ustadh Cheikh Mohamed Islam, le porte parole des Ulémas lors de cette entrevue, n'ont pas eu besoin de parcourir tout le contenu du livret pour se persuader qu'en effet, cette ''révision de la constitution s'impose par elle-même'', car ''celle qui nous régit actuellement s'avère inapplicable''. ''Toutefois, ajoute Cheikh Islam, nous nous soucions d'une chose : la réintroduction de notre identité musulmane dans le nom de notre pays, comme au temps de la République Fédérale Islamique...''. A part cela donc, toutes les modifications proposées par le chef de l'Etat on été accueillies à bras ouvert par les ulémas.
Mais si tout semble marcher comme sur des roulettes pour les ulémas, ce n'est peut-être pas le cas pour les parlementaires, leur délégation n'ayant été composée que d'une dizaine de personnes même si, selon le député Assoumani Saandi, ce nombre réduit s'explique par le fait que l'on soit en plein congé inter session. Pour ce qui est par ailleurs de l'initiative du président de convoquer les forces vives de la nation pour leur soumettre l'avant-projet de la révision constitutionnelle, ''c'est une bonne idée'', reconnaît-il. Mais espère ''qu'il continue d'en être ainsi pour tous les autres grands projets de la République. Comme, par exemple, en ce qui concerne le projet de départementalisation par la France de l'ile comorienne de Mayotte''.
Le troisième groupe d'invités au palais présidentiel était constitué de représentants de treize partis politiques selon un décompte rapide du docteur Sounhadj, membre du Mouvement Citoyen pour la Justice et le Progrès. Pour lui, tout comme le secrétaire régional du Mcjp, Djaé Ahamada, ''ceux qui ont choisi de répondre à l'invitation du chef de l'Etat observaient une éthique politique, celle qui oblige tout citoyen responsable de se sentir concerné de près par les questions d'intérêt général''. Quant à la Coordination Anjouanaise pour le Développement des Comores, par la voix de son secrétaire général Farde Aboubacar Daoud, elle fait sienne l'aspiration à la modification de cette constitution qui ''n'a jamais donné la preuve de sa capacité à apporter la cohésion institutionnelle et le développement''.
Sardou Moussa
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