Coopération d’aide Comores- Sharjah. Tout doit désormais passer au peigne fin
La coopération d’aide Comores veut savoir où donner de la tête. Elle sonne la fin de la récréation. Par la voie du Awqaf, la direction chargée de l’aide extérieure à Sharjah, elle a fait savoir qu’elle ‘‘ne veut désormais plus recevoir de demande que par la seule voie de la Direction du département arabe du ministère des Finances de l’Union’’. Pour elle, c’est un moyen de canaliser l’importante manne en provenance de Sharjah, qui, selon une autorité comorienne, ‘‘s’évapore souvent dans la nature’’. De plus, elle exige que ‘‘les projets initiés aux Comores bénéficient d’un suivi sérieux, et qu’un rapport d’activités soit rédigé en arabe au profit des donateurs’’.
Le courrier est encore aux mains du gouvernement qui doit bientôt l’examiner en conseil. Mais son principal message ne fait l’objet d’aucune contestation, notamment de l’avis du directeur du département arabe au ministère des Finances de l’Union, Youssouf Salim : ‘‘Awqaf, la direction chargée de l’aide extérieure à Sharjah, ne veut désormais plus recevoir de demande que par la voie de cette direction (ndlr : le département arabe du ministère)’’. C’est, d’après Abdou Chakir, son adjoint, ‘‘un moyen de canaliser l’importante manne en provenance de Sharjah, qui s’évapore souvent dans la nature, parce qu’on n’a aucune idée de qui en bénéficie au juste, puisqu’on n’a pas su qui en a demandé’’.
A ce propos, une note de service vient d’être communiquée par le cabinet du ministre des Finances laquelle fait part des conclusions à l’issue d’une rencontre, le 8 janvier dernier, entre le ministre des Finances, Mohamed Ali Soilihi, et une délégation conduite par le responsable chargé des projets d’aide extérieure au sein de Awqaf Général Trust, Yahya God El Rab Mohammad. En plus de la ‘‘canalisation des projets dans une unique voie officielle’’, le protocole issu de cette entrevue demande que ‘‘les projets initiés aux Comores par cette direction bénéficient d’un suivi sérieux, et qu’un rapport d’activités soit rédigé en arabe au profit des donateurs’’.
Awqaf ou la Libye, il faudra savoir
Comme il n’y a rien qui arrive tout seul, il est à souligner que le manque de sérieux qui règne sur le terrain de la coopération arabe, plus particulièrement celui en les Comores et Sharjah, est sans doute à l’origine de cette réaction de la part des dirigeants de Awqaf.
Abdou Chakir estime que ces partenaires ont bien raison de ‘‘s’indigner’’ et pour preuve : ‘‘Un travail financé par l’institution depuis longtemps, et qui devaient être inauguré l’année dernière, n’est pas encore fini. A cela s’ajoute le problème du fonds d’aide destiné à la faculté de lettres de l’Université des Comores, et qui n’a pas été affecté à son projet initial. Tout cela n’est pas sérieux’’.
En effet, selon la même source, le centre de soins de Samba, dont la construction est confiée à l’entreprise Wadaane, devait être inauguré depuis mars dernier; il est toujours en chantier. Pour n’avoir pu joindre l’entrepreneur du projet, on ne saura vous dire la raison de ce retard. Par ailleurs, pour ce qui est de l’argent alloué à l’Université, l’on raconte, au département arabe du ministère des Finances, qu’il était destiné à l’aménagement d’une bibliothèque de la faculté de lettres, ‘‘or celle-ci a, parallèlement, bénéficié d’une aide financière allant dans le même sens, cette fois venue de Libye’’. Le problème est donc que le fonds de Awqaf a servi plutôt à l’aménagement d’une salle de conférence au lieu de la bibliothèque, sans avertissement préalable des donateurs.
Pour ce qui est du suivi des projets, là encore les dirigeants d’Agt ‘‘ont raison de se fâcher’’. Ils sont venus constater la détérioration de l’équipement d’éclairage public de la capitale (celui qui fonctionne à l’énergie solaire) et ils ont certainement du se demander s’il valait la peine de continuer à financer des réalisations dont les bénéficiaires ne prendraient pas la peine d’assurer la survie, poursuit Youssouf Salim. L’éclairage solaire de Moroni est en effet une des réalisations de Awqaf.
Awqaf Général Trust reste, il faut le souligner, parmi les partenaires pour le développement du monde arabe les plus actifs aux Comores. Beaucoup de projets sont prévus cette année à Ngazidja, parmi eux, la construction de centres de soins à Fumbuni et à Mbeni. Mais, a tenu à préciser (avertit?) la délégation de Yahya, ‘‘aucun d’eux ne sera entrepris avant l’achèvement de celui de Samba, déjà en cours’’.
* Photo : Bâtiment construit à Moroni par la chambre de commerce de Sharjah pour servir de représentation commerciale aux Comores
SM
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