Révision constitutionnelle. L’intervention de la communauté internationale dans le débat diversement
L’appel au dialogue lancé par la communauté internationale, par la voix de l’envoyé spécial de l’Union africaine, José Francisco Madeira, sur la question de la révision constitutionnelle, alimente le débat au sein de la classe politique. Nous vous proposons deux points de vue divers sur cet appel. Celui du fondateur du Pec, Me Fahmi et celui du secrétaire général de la Crc, Houmedi Msaidié.
L’appel de la communauté internationale par la voix de l’envoyé spécial de l’Union africaine à ‘‘trouver le moyen de corriger les défauts de l’actuelle constitution’’ a, du moins, le mérite de sortir de la léthargie la classe politique sur le sujet. On peut affirmer aujourd’hui, sans risque de se tromper, qu’avec ce bémol apporté par la communauté internationale, le débat sur l’avant-projet de loi référendaire proposé par le chef de l’Etat a atteint son apogée.
Interrogé sur l’initiative de la communauté internationale d’intervenir sur la question de cette révision constitutionnelle, les leaders des partis, le Parti pour l’entente comorienne ou Pec et la Convention pour le renouveau des Comores (Crc), respectivement Maître Fahmi Said Ibrahim et Houmed Msaidié, présentent des positions divergentes.
Le fondateur du Pec estime que ‘‘la communauté internationale a toujours accompagné les Comores, et c’est une bonne chose en soi’’. Toutefois, il s’interroge sur ‘‘l’opportunité’’ de la démarche. ‘‘Que je sache, nous sommes en période de normalité constitutionnelle’’.
“Vous avez dit concertation?”
Il rappelle cependant que la loi constitutionnelle a prévu une reforme ‘‘à l’initiative du président de la République’’. A ses yeux, la concertation ‘‘n’est pas un préalable ni une exigence à la légalité. La loi est dure mais c’est la loi’’. Le leader du Pec reconnaît la nécessité de la concertation dans le débat politique sous réserve que cette concertation soit faite ‘‘indépendamment de tout’’ et ne voit pas ‘‘en quoi ni comment elle peut être un préalable à l’application de la norme constitutionnelle’’. Maître Fahmi Said Ibrahim estime, enfin que ‘‘la discussion, la concertation ou très souvent les palabres ont pour limite la loi, à moins qu’on soit dans une situation exceptionnelle qui met de côté la constitution’’.
Le secrétaire générale de la Crc soutient de son côté ‘‘la nécessité de cet appel au dialogue de la communauté internationale’’. ‘‘Jusqu’à maintenant, estime-t-il, le pays a réussi là où il avait le soutien de la communauté internationale. Elle nous a permis institutionnellement de mettre fin à la crise séparatiste’’.
Selon lui, cette position de l’Union africaine et des autres organisations internationales a pour objectif ‘‘d’amorcer le dialogue et ainsi mettre fin au danger qui se profile”.
“... oui!”
“Il n’est un secret pour personne que ce projet de révision de la constitution divise profondément les comoriens’’, et ‘‘pas nécessairement parce que la communauté internationale soit pour ou contre la révision ’’.
Le leader de la Crc révèle que son parti ‘‘a donné son accord sans préalable. C’est qui ne veut pas dire que nous n’en avons pas. Nous avons tout simplement opté de discuter directement avec nos frères des autres partis’’.
Par ailleurs Houmed Msaidié ‘‘ne considère pas l’appel fait par l’envoyé spécial de l’Ua comme une ingérence’’. Son mandat répond au ‘‘principe d’arrangement constitutionnel arrêté lors d’une réunion ministérielle en Afrique du Sud’’.
Estimant que le pays vient de sortir d’une ‘‘grave crise séparatiste’’, le secrétaire général de la Crc soutient qu’il faut se garder de le plonger dans une autre ‘‘surtout au moment où les priorités devraient être plutôt le projet français de départementalisation de Mayotte et la crise financière qui secoue le monde’’.
Kamardine Soulé
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