Le pays a pris son courage à deux mains pour présenter le 15 décembre un mémorandum adressé au Fmi. Ce programme a été approuvé à Washington par le conseil d'administration du Fmi. Mais combien de rendez vous manqués avec le fonds, parce que la vigilance dans la mise en œuvre à été tout le temps relâché à cause des questions politiques subsidiaires et souvent sans importance. C'est depuis 2005, que les Comores ont mis en œuvre un programme de référence avec le fonds qui s'est déroulé d'une manière à peu près correcte et qui s'est trouvé relayé par un second programme de six mois, allant d'octobre 2008 à mars 2009.
Mais, cette fois-ci, de nombreux pays ont montré leur disponibilité à nous accompagner, à hauteur de 17,5 millions de dollars dans le cadre du programme post-conflit. Un montant qui correspond au déficit de 6,700 milliards de francs du budget 2008 et réparti entre le Fmi qui s'est prononcé à hauteur de 5,3 millions de dollars de dons, l'Union européenne (2,8 millions de dollars), le groupe de la Banque africaine de développement (2,4 millions de dollars), la France (2,6 millions de dollars), la Chine (1,4 millions de dollars) et le Koweït (3 millions de dollars).
Mais simultanément, le pays s'est engagé et à entraîner dans la foulée toutes les forces vives dans un débat important sur la réforme de la constitution. Cet enjeu constitutionnel, même s'il apporterait des solutions sur les coûteuses dépenses des instituions et du pléthore des superstructures, ne doit pas mettre en veilleuse le programme dont la mise en œuvre est regardée à la loupe par les ''loups'' de Washington. Le moindre faux pas, peut nous ramener dix ans en arrière alors que les efforts consentis pour en arriver là ont été salutaires.
Parmi les mesures phares aux quelles les Comores se sont engagés à apporter une solution définitive, au figure le dépassement salarial.
''Où nous serons jugés''
L'argentier de l'Etat comorien lui-même a rappelé que ''sur 100 francs de recettes générées, nous en dépensons 78 pour les salaires alors que la moyenne des pays africains est de 36 sur 100''. Le ministre Mohamed Ali avait très bien compris le message du Fonds en précisant que ''c'est sur ce dossier comme sur celui de la gestion du budget que les Comores seront jugées les prochains mois''.
Le mois de janvier s'est écoulé, celui de février risque de connaître le même sort, passer en douce, sans mesures, ni réformes importantes annoncées ou mises en oeuvre. Or le programme présenté par le gouvernement et entériné par le Fmi, a un enjeu crucial, celui de permettre aux Comores d'accéder à l'allégement de la dette au titre de l'initiative en faveur des Pays pauvres très endettés ou Ppte et de l'Initiative de l'annulation de la dette multilatérale (Iadm). Ce sont justement les ressources qui seront dégagées par ces deux programmes qui deviendront le tremplin pour relancer la croissance et réduire la pauvreté.
Mais premier écueil, le programme validé à Washington sera évalué par deux revues, en avril 2009, dans deux mois et en juillet 2009, dans cinq mois. Les repères que prendront le Fmi sont les réalisations de fin décembre 2008 et celles de fin mars 2009. C'est sur les résultats de ces deux évaluations que les Comores pourront espérer accéder au programme Facilité pour la réduction de la pauvreté et pour la croissance (Frpc), programmée sur 3 années entre 2009 et 2011.
Ce programme ouvrira la voie à de nombreuses opportunités pour les financements des programmes de développement des Comores mais aussi d'allégement de la dette.
Il serait criminel de ne pas se rappeler que le fardeau de la dette est de 298 millions de dollars soit 96,5 milliards de francs comoriens. L'accord qui interviendra après les deux évaluations du programme de six mois permettra d'atteindre le point de décision de l'Ippte dès mars prochain
Il n'y a pas que la constitution
Le pays attend beaucoup du fonds monétaire, pour se focaliser seulement sur le projet de la réforme de la constitution, en oubliant le reste. Durant les deux mois qui s'ouvrent, on s'attend si tout se passe bien, à des allégements dits ''intérimaires'' du service de la dette, sous la forme de refinancement par dons du service de la dette due à nos créanciers et d'un allégement accordé par les créanciers membres du Club de Paris dont le montant avoisine 1,3 million de dollars. La poursuite du programme Frpc et le succès des politiques mises en œuvre permettront aux Comores d'atteindre le point d'achèvement en septembre 2010.
Si Moroni peut oublier ou faire semblant d'oublier ses engagements, Washington se rappelle au détail près, la teneur de la signature de l'arrêté conjoint des ministres des Finances de l'Union et des îles sur la reprise du fonctionnement du mécanisme des recettes à partager, veille aussi au virgule près à la signature des ministres des Finances, s'engageant à transmettre mensuellement à la Cellule de réforme économique et financière (Cref) les données sur l'exécution budgétaire et la tenue des réunions mensuelles élargies aux directeurs du budget.
Il ne faut surtout pas que la réduction des portefeuilles ministériels par le président Sambi soit traduite comme de la poudre aux yeux, mais plutôt comme la première d'une série d'autres mesures plus cohérentes prises dans une politique d'ensemble. C'est tout l'enjeu de 2009.
Al-watwan N° 1250 du 6 fevrier 200
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