La révision constitutionnelle est le thème dominant du moment. Vendredi dernier à Foumbouni, le notable Abdou Mnemoi a relancé le débat au cours d'une cérémonie de pose d'une première pierre d'un bâtiment de Comores Télécom en présence du chef de l'Etat. Il a fustigé le comportement de la notabilité ''aujourd'hui divisée au détriment de l'intérêt national''. Dans l'histoire jamais la notabilité ne s'est autant laissée entraîner sur le terrain politicien.
Se faisant plus concret du vif débat actuel sur le projet de révision de la constitution proposé par le chef de l'Etat, le notable a lancé : ''Il est inconcevable qu'un pays de 700 000 habitants soit administré par quatre présidents et autant d'institutions''. Pour lui la proposition du chef de l'Etat n'est pas dicté par des calculs politiciens : ''même si le pays disposait d'un budget suffisant, il y aurait toujours des problèmes de fonctionnement avec ces multiples institutions. Il a tenté de rassurer l'opinion sur la sincérité du président Sambi de céder le pouvoir ''dans le respect du mécanisme de la loi'' et a appelé Fumbuni et Badjini à adhérer à l'avant-projet du chef de l'Etat.
Le président Sambi dit avoir bien compris que la constitution actuelle a été taillée sur mesure par rapport au séparatisme anjouanais : ''Mais aujourd'hui les séparatistes n'ont pas voix au chapitre et Anjouan est libérée. Il n'y a donc aucune raison de laisser le pays sur cette voie périlleuse''. Le président a soutenu que les problèmes actuels ne sont pas du à un conflit entre des personnes mais au mécanisme même des institutions.
Toutefois, précise le président, ''les gouverneurs qui seront investis ne seront pas comme ceux du passé car ils auront des pouvoirs de nommer et démettre des exécutifs, disposeront de leur budget et auront à nommer jusqu'à leurs représentants à la cour constitutionnelle''.
Sambi dit n'avoir aucune intention de s'éterniser au pouvoir comme soupçonnent ses détracteurs ; ''mon souci majeur est de mettre le pays sur des bons rails institutionnels, léguer un pouvoir qui fonctionne''. Si c'était le cas il aurait ''introduit la mention renouvelable comme cela est possible pour les chefs des exécutifs des îles''.
A ceux qui sont contre une année supplémentaire à son mandat, Sambi leur dit partant pour la tenue des élections de l'Union et des îles en 2010 si les chefs des exécutifs des îles en fonction acceptent d'écourter leurs mandats. Ace propos, on raconte que des personnes fortunées auraient proposé à ces derniers la totalité de leurs salaires des deux ans restant juste pour le plaisir de voir Sambi quitter Beit Salam le 26 mai 2010.
Quant aux propositions attendues après distribution de l'avant-projet, le président Sambi dit que le gouvernement reste très réceptif aux contributions des uns et des autres. C'est ainsi qu'il se dit disposé à réfléchir sur la clause d'un délégué général de l'Union au niveau de chaque île. Le vice-président ne pourrait-il pas jouer le rôle de représentant dans l'île?
Al-watwan N° 1252 du 10 février 2009
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