A l'heure où l'Etat comorien est mis à rude épreuve par divers
acteurs aux intentions agressives, le Congrès National Comorien
interpelle publiquement le Président Ahmed Abdallah Sambi, Président
de l'Union de Comores, par le présent questionnaire pour des
réponses à la multitude d'interrogations autour du pouvoir qui lui a
été conféré par le peuple comorien.
1 – Où en sommes-nous avec votre projet d'habitat salubre, de
justice irréprochable, de corruption anéantie et de travail pour la
jeunesse comorienne ?
2 – Qu'en est-il de votre réquisitoire de Montreuil (seine Sainte
Denis), lors de votre rencontre avec la Diaspora, aussitôt après
votre élection et à l'encontre des dignitaires du régime du colonel
Azali qui, selon vous auraient détourné l'argent de l'Etat comorien
et l'auraient caché dans des banques de 40 pays, au jour de vos
dires, identifiées ?
3 – Qu'avez-vous fait des tonnes de goudron, don de la Libye aux
comoriens pour la réfection des routes des Comores ?
4 - Quelles sont les réalisations palpables d'un pouvoir dont il est
en permanence rapporté qu'il est destinataire de tant de millions
d'aides de diverses sources extérieures pour les besoins des
comoriens et des Comoriennes ?
5 - Quelle politique économique d'entraînement d'un peuple est la
vôtre pour amener celui-ci à se prendre en charge et pour mettre un
terme enfin à la mendicité officielle, opérée avec le prétexte de
solutionner les difficultés d'une société ?
6 – Comment Mohamed Bacar et les siens ont pu quitter une île en
période de guerre déclarée pour se réfugier à Mayotte et aussitôt
expédiés à la Réunion pour finir aujourd'hui au Benin en attente de
l'heure de la réintégration aux Comores ou dans son Ile natale ?
7 - Pourquoi une procédure spécifique de naturalisation comorienne
dite " citoyenneté économique " au profit des bédouins de l'Arabie
alors que les Indiens comoriens actifs dans l'économie nationale
n'ont pas eu besoin d'une quelconque spécificité de traitement pour
se faire place dans les milieux comoriens des affaires ?
8 - Au nom de quel principe moral, vous vous appuyez pour aller à
l'encontre d'un consensus de gouvernance posé par la constitution de
2001, traduit par le principe de la tournante de la présidence de
l'Union et qui maintient tant bien que mal une fragile paix
sociale ?
9 - Que répondez-vous aux franco-comoriens qui, impuissants face à
la transformation d'une société comorienne, spirituellement de
l'école sunnite en chiite par un endoctrinement très soutenu et
manifeste ?
10 - Quelles explications entendez-vous donner à une société
comorienne dont les natifs, victimes d'un état civil qui n'a jamais
été sérieusement tenu et non encore fiable, qu'à la demande de
certaines puissance (moyennant quoi ?), vous venez de livrer ces
citoyens comoriens à la biométrie et autres techniques
d'identification pour fichage et pour les besoins de leurs services
secrets ?
11 - Que dites-vous aux étudiants comoriens livrés à eux-mêmes à
l'étranger depuis tant d'années dont la plupart auraient aimé
retrouver une patrie pour servir ?
On y ajoute une observation pour déplaire davantage à un Président :
Bon nombre de ces éléments de la Diaspora comorienne s'interroge
toujours sur la raison d'être d'une représentation diplomatique
comorienne en France. La moindre considération qu'à l'ancienne
puissance tutrice, la France, vis à vis des Comores et des comoriens
sur son territoire n'est que de l'ordre de l'humanitaire, en réponse
à des cris de douleur incessants et éprouvants.
A Paris le 13 février 2009
Par le Congrès National Comorien
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