Sous l’égide de l’envoyé de l’Union africaine (UA), Francisco Madeira, les représentants de la communauté internationale à Moroni sont à la manœuvre, depuis début février, pour
"amener les différentes institutions, la classe politique, ainsi que la société civile à se réunir dans un forum de dialogue franc et ouvert".
Selon Madeira, le président Ahmed Abdallah Sambi et les autorités des îles autonomes ont donné leur accord pour la tenue de ce forum à Moroni, du 27 février
au 4 mars. Devant rassembler 58 représentants de l'Etat, des partis politiques et de la société civile, ce forum débattra du fonctionnement des
institutions, de la gouvernance et des textes constitutionnels, dont l’examen de l’avant-projet de révision de la Constitution proposée par le président
Sambi. Il était aussi prévu que les résultats de ce forum "soient des recommandations applicables par les institutions".
Pourtant, alors que les préparatifs pour cette rencontre étaient en cours, le président Sambi a pris tout le monde de vitesse en adoptant, le 11 février,
un décret "portant convocation du corps électoral pour l’organisation du référendum constitutionnel" le 22 mars. Cette décision a été reçue
comme une gifle par une bonne partie de la classe politique comorienne et des Oulémas. Pour les représentants de la communauté internationale,
l’initiative intempestive du président de l'Union s'apparente de même à un camouflet.
Mais c’est à Mohéli, l’île qui doit exercer la présidence tournante de l’Union en mai 2010, que l’opposition à ce projet de référendum est la plus
radicale. Déjà, début février, la population de l’île avait procédé à l’organisation d’un Hitima, une cérémonie de lecture collective du coran
faite par des Oulémas en provenance des trois îles. Les participants à cette cérémonie avaient alors appelé "la malédiction d’Allah contre
toute personne voulant empêcher l’île de Mohéli d’exercer à son tour, la présidence tournante de l’Union, en mai 2010". Voilà Sambi prévenu !