Cette chose inouïe se déroule en ce moment, sans qu'aucun homme politique ne s'en émeuve, sans que la presse n'en parle.
La question du référendum va porter sur le changement de statut de cette île lointaine de l'Océan Indien et la transformation de cette collectivité d'outre-mer de fait en Département, avec tout ce que cela suppose : application du code français de la nationalité, mise en place du régime de dotations, de subventions, d'allocations et... du Revenu de Solidarité Active !
Alors que Nicolas Sarkozy et le gouvernement ne savent plus quoi inventer, ni quel argent dépenser, pour éteindre l'incendie des Antilles, ce même gouvernement est en train de mettre en place une poudrière à Mayotte : un taux de chômage record, le taux annuel d'accroissement de la population est un des plus forts de l'outre-mer français avec 5,8 ‰, l'indice de fécondité y est de 4,5 enfants par femme, 95 % de la population est musulmane sunnite, les flux migratoires en provenance des autres îles de l'Union des Comores sont totalement incontrôlés. Mayotte ne pourra vivre que sous perfusion financière de la métropole.
L'organisation de ce référendum est une véritable forfaiture vis-à-vis des Français, et un acte illégal en violation du droit international. En effet - et c'est le plus étonnant dans cette affaire - tant l'Union européenne que l'Union africaine et l'ONU dénoncent la caractère illégal de ce référendum et le tiennent pour nul et non avenu, car le rattachement de Mayotte à la France porterait atteinte à l'intégrité territoriale de l'archipel, c'est-à-dire de l'Union des Comores, anciennement République fédérale islamique des Comores. C'est à juste titre que cet État qui a son représentant à l'ONU conteste la manoeuvre de la France.
Pourquoi le gouvernement français veut-il à tout prix faire de cette île de l'archipel des Comores un département français, contre la volonté de l'Union des Comores dont a été détachée Mayotte ? Cette départementalisation ne présente strictement aucun intérêt pour la France. Il n'y aura que des problèmes et des dépenses à la clé, en plus des insurmontables difficultés liées à l'immigration clandestine chronique. Cela, Nicolas Sarkozy et les responsables de l'UMP le savent fort bien.
Rappelez-vous ! En septembre 2005, François Barouin, alors ministre de l'Outre-mer, avait lancé un ballon-sonde en suggérant d'abandonner le droit du sol et le retour au droit du sang pour ces territoires. Mais face à la levée de boucliers de toutes les associations en faveur de l'immigration, les responsables de l'UMP ont été terrorisés et ont fait marche arrière sur la question de l'acquisition de la nationalité. Mais pas sur la départementalisation de Mayotte.
regardez la vidéo de François Barouin en 2005 : c'est instructif
L'acte gratuit n'existant pas en politique, il y a nécessairement de puissants intérêts en jeu qui conduisent Nicolas Sarkozy à vouloir faire de Mayotte un département français. Des intérêts économiques et financiers non connus, donc privés. Lesquels ?
Il est piquant de noter que le Comité Balladur pour la réforme des collectivités locales préconise la réunion de la Lorraine et de l'Alsace en un grand ensemble au motif que l'Alsace seule - 1,8 millions d'habitants - est une région trop petite. Et Mayotte, avec ses 200 000 habitants, deviendrait tout à la fois un Département et une Région ?
La personne chargée de réaliser cette funeste opération dont le coût pèsera sur les contribuables d'aujourd'hui et des générations à venir, est Michèle Alliot-Marie, ministre de l'Intérieur, de l'Outre-mer et des collectivités locales. Cette même Michèle Alliot-Marie vient d'envoyer en Guadeloupe un renfort de 300 gendarmes de plus pour faire face à l'état d'insurrection.
Source : alsacedabord
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