Sans préliminaire, le chef de l'Etat a répondu une à une et tour à tour les représentants des différentes organes de presse présents. D'entrée de jeu, il a tenu à donner, comme lui a été demandé, la signification de son long séjour à Ndzuwani, une semaine durant. Il s'agit, tout d'abord, de répondre à une nécessité de vivre le quotidien de la population. “Mais aussi, il faut comprendre que les nouvelles technologies de l'information entraînent une autre façon de gouverner totalement différente du passé où le président était obligé de rester en permanence dans la capitale. Les commodités actuelles font que partout où je sois, dans le pays, je n'ai aucune contrainte à exercer ma fonction”, a déclaré le président. Mais surtout, il précise que cette présence veut marquer la visibilité de l'Union à Ndzuwani et “faire la différence avec la période d'avant la libération de l'île”.
Quant au débat politique instauré par l'idée d'une révision de la loi fondamentale, le président Sambi reste “serein”. Au sujet de la date, il a “voulu cette consultation avant le référendum français à Maore mais que la cour constitutionnelle a annulé cette proposition. Mais aussi, il y a eu ce “souci de recevoir les avis et suggestions des uns et des autres, notamment à travers le dialogue inter comorien pour améliorer le projet de constitution”. Le président Sambi estime fixer, au maximum, dans une semaine une nouvelle date du scrutin une fois avoir examiné les propositions issues des dernières assises de Hamramba. Le chef de l'Etat dénonce ceux qui menacent de boycotter un vote vital pour le pays tout simplement en cherchant à préserver des intérêts personnels au détriment du général.
Au sujet des rapports entre le gouvernement central et les autorités actuelles de Ndzuwani, le président Sambi salut cette entente et révèle que, “comme dans toute entente, des écueils peuvent surgir de temps à autres. Le chef de l'Etat s'est dit étonné qu'il n'y ait que le mandat qui fasse l'objet de propositions d'aménagements.
Sur le souci d'harmoniser les élections le président propose de “laisser cette tâche d'un calendriers harmonisé aux députés étant donné que ce sont eux les représentants du peuple”.
Mais “dans tout ça” le chef de l'Etat appelle de ses voeux la tenue, le plus tôt possible, de la présidentielle de l'Union, ce qui le réjouirait davantage. “S'il ne s'agit que de moi, je ne voudrais pas que ça soit au-delà de 2011”, martèle-t-il.
Par rapport au ballet diplomatique et réception de diverses manifestations régionales dans le pays notamment à Ndzuwani, Sambi comptabilise ce gain dans les acquis de la libération de l'île et l'ouverture des Comores au monde extérieur. Il a cité la dernière visite du président iranien et annoncé l'arrivée prochaine du chef de l'Etat de la République unie de Tanzanie du 24 au 26 mars, dans le cadre du premier anniversaire de la libération de Ndzuwani. Il a qualifié de signe fort, la visite tout dernièrement des princesses arabes dans le pays en compagnie du Canal d'Al-Jazzeera.
A ceux qui disent qu'un an après la libération de Ndzuwani, les choses ne sont pas encore rentrées dans l'ordre étatique, prenant l'exemple de la gestion de sociétés comme l'Eda, le chef de l'Etat répond qu'au contraire les choses ne sont plus telles qu'elles étaient.
A la question des ex-militaires de la rébellion anjouanaise emprisonnés, le président Sambi dit que cette affaire qui est entre la main de la justice, qui jouit de son indépendance, doit progresser car il ne peut pas se prononcer avant toute décision de celle-ci. Il a révélé que parmi les prisonniers, il y a bien sûr qui ont collaboré jusqu'au soir de l'Opération démocratie. Quant aux actions de la Fondation Sambi, il dit qu'elle bénéficie du soutien des fonds spéciaux destinés au chef de l'Etat pour subvenir aux besoins des citoyens et qu'elle intervient dans les trois îles par des petites actions au sein des communautés.
Au sujet de la vie socio-économique à Ndzuwani, il a appelé les chauffeurs de taxis comme les dockers au port de Mutsamudu à réfléchir sur les conséquences des grèves qu'ils appellent notamment sur le circuit économique de l'île et du pays en général. Selon Sambi, le plus grand débat qui devrait mobiliser les Comoriens aujourd'hui est celui d'imposer une justice sociale et faire disparaître ainsi toute velléité séparatiste dans l'archipel.
Al-watwan N° 1276 du 17 mars 2009
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