La direction de la station estime que nos trois confrères ont commis-là une “faute grave” et “ont manqué de respect au président de l'île de Ngazidja” qui faisait partie des conférenciers.
Rappel des faits : convoqués à une conférence de presse le jeudi 12 mars au palais du peuple, les journalistes ont découvert une salle assiégée par un bataillon de notables et autres ouailles de l'opposition. Les journalistes d'Albalad et de La Gazette ont dû se tenir débout tout au long de la conférence, faute de siège. Cruelle épreuve pour ceux-là même qui sont supposés être les invités de la rencontre !
En guise de protestation, les représentants de la presse nationale ont ainsi décidé de boycotter la conférence. Et les journalistes de Radio Ngazidja se sont joints à la démarche en se gardant de poser de questions. Cette solidarité à la profession n'a pas été du goût des autorités de l'île. Et elles l'ont fait savoir sur le champ.
La mesure de suspension sans solde qui frappe nos trois confrères est riche en enseignements. Elle donne une curieuse conception de l'exécutif de Ngazidja sur le métier de journaliste, c'est-à-dire un mouton de Panurge qui doit obéir aveuglément à ses maîtres. Sous cet angle de lecture, le journaliste doit se faire hara-kiri pour se mettre au service du pouvoir, voire d'un homme.
Mais, ce qui semble choquant dans cette histoire, c'est la théâtralisation des conférences de presse où, contre la loi du genre, des applaudissements pleuvent à tout bout de champ. Pire encore, on entend souvent des sifflets contre le journaliste “impertinent”...
Participer à ces parodies de conférences, c'est les cautionner. Nos responsables politiques doivent savoir faire le distinguo entre meeting politique et conférence de presse. Et tout le monde y serait gagnant.
Al-watwan N° 1276 du 17 mars 2009
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