Il était 14 heures quand l'avion transportant le couple présidentiel tanzanien et sa suite a atterri sur le tarmac de l'aéroport de Hahaya. Le président Kikwete a été accueilli par le chef de l'Etat et entouré de ses deux vice-présidents Idi Nadhoim et Ikililou Dhoinine. Une foule nombreuse composée d'autorités politiques, de diplomates, de cadres, de représentants de la notabilité et de la communauté tanzanienne aux Comores était également présente pour accueillir l'hôte de marque. Il y a eu aussi la présence du chef de l'exécutif de Ngazidja et de l'ancien président de l'Union, Azali Assoumani.
Aussitôt après les honneurs militaires et le salut aux drapeaux, les deux présidents ont pris un bain de foule avant de quitter l'aéroport. Après être installé à l'hôtel Itsandra beach, le président Kikwete sera reçu par le chef de l'Etat Ahmed Abdallah Sambi à son palais de Beit Salam avant de se rendre ensemble, à 17 heures, au grand rassemblement populaire organisé, à cette occasion, au palais du peuple de Hamramba.
Comme à l'aéroport, trois heures auparavant, la salle de spectacle du palais et le grand hall d'entrée ont eu du mal à contenir le public venu rendre hommage à cet ami des Comores.
Le premier intervenant, le cadi Said Mohamed Athoumani, a souhaité la bienvenue au président Jakaya Mrisho Kikwete et sa délégation avant d'exprimer toute la gratitude du peuple comorien pour l'aide considérable que la Tanzanie a apporté pour la libération de Ndzuwani. S'exprimant en parfait Swahili, il a évoqué le rapprochement des peuples tanzanien et comorien et a conclu : “Vous êtes dans votre seconde patrie”.
Le président Sambi insistera sur le fait que “les Comoriens d'hier comme ceux d'aujourd'hui et de demain n'oublieront jamais ce que vous avez fait pour leur pays”. Selon le chef de l'Etat, “ce passage de l'histoire sera écrit en lettres d'or sur des pages en argent”, pour démontrer l'importance de l'engagement du président tanzanien lors de la recherche d'une solution à la situation de sécession que traversaient les Comores. Il saisira l'opportunité pour adresser des remerciements particuliers à l'Ua pour avoir donné un avis favorable à la Tanzanie et tous les pays du continent qui étaient disposés à soutenir l'effort de vaincre la rébellion de Ndzuwani. Enfin, il a salué la Tanzanie pour son rôle actif à l'adoption, au dernier sommet de l'Ua, de la résolution condamnant le référendum de la France dans l'île comorienne de Mayotte.
Le président Jakaya Mrisho Kikwete, pour sa part, a rappelé à l'assistance qu'il est à sa deuxième visite aux Comores car il était déjà venu en tant que ministre des Affaires étrangères dans le cadre de la crise anjouanaise. Il révélera que beaucoup de citoyens tanzaniens ont des liens de sang avec les Comores, notamment des personnes occupant de fonctions d'Etat en Tanzanie. D'où l'intérêt de soutenir un peuple de même sang et partageant l'histoire de la civilisation. Jakaya déclarera que l'objet de sa visite est de renforcer les liens entre les deux pays. Une volonté qui se concrétisera par l'ouverture prochaine d'une représentation diplomatique de la Tanzanie à Moroni et la signature d'accord de coopération afin de créer un meilleur cadre dans les échanges.
Avant de finir son adresse, le chef de l'Etat tanzanien a fait une leçon de moral aux politiciens comoriens en leur rappelant que la paix et la stabilité du pays est entre leurs mains. Ils doivent s'asseoir, discuter et s'entendre sur toutes les questions ayant trait à la vie de la nation. “Le contraire instaurera le désordre et le chaos dans le pays”.
Après le rassemblement de Hamramba, le président Kikwete a visité le siège de la banque tanzanienne aux Comores, Exim-bank, et le Centre national de documentation et de recherche scientifique (Cndrs) pour le vernissage de l'exposition sur l'histoire de l'armée. Ce mercredi, il participe à la célébration du premier anniversaire, à Mutsamudu, de la libération de Ndzuwani.
Al-watwan N° 1282 du 25 mars 2009
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