A l'origine, un problème foncier dans la zone de Maluzini, qui divise deux personnes originaires des deux villes de Moroni et d'Ikoni, déclare un jeune d'Ikoni qui souhaite garder l'anonymat.
Selon Aboubakar Hadji Ali, natif de Moroni, ce problème a commencé depuis dimanche dernier et a fini en justice. Un certain Hadji Mvoulana de Moroni se serait rendu dans son champ qui se trouve à Malouzini et aurait été agressé et blessé par des gens d'Ikoni. “Ils sont entrés dans la maison de mon frère, le juge Omar pour le prendre en otage”, a-t-il déclaré. “Il y a des maisons du quartier Asgaraly qui ont été attaquées, la voiture du directeur de radio Ngazidja aussi. Désormais, ce n'est plus une affaire d'Irungudjani seulement, tous les jeunes de Moroni se sentent concernés et veulent savoir le pourquoi de cette histoire”, déclare Aboubakar hadji Ali.
Ce conflit couve depuis une semaine. Mais tout s'est emballé après une réunion des jeunes d'Irungudjani qui ont décidé d'expulser de la ville de Moroni des les originaires d'Ikoni, en guise de représailles, poursuit la même source.
Certaines personnes, selon la même source, auraient été alertées depuis lundi. Mais le conflit, assez coutumier pour les terrains de cette zone, prend vite une tournure étonnant après la prise en otage d'un magistrat : “Nous avons pris le juge Omar en otage, actuellement il est entre nos mains sain et sauf. Les notables ont rencontré les jeunes pour se convenir qu'on ne devait pas porter atteinte à l'intégrité physique du juge, mais seulement nous voulons savoir ce qui se passe exactement”, a déclaré mardi dernier, un jeune à Ikoni qui n'a pas voulu décliner son identité.
La libération du juge le même jour, après de nombreuses négociations menées par les habitants d'Ikoni, n'a pas empêché le conflit de s'enliser. Le député Said Ali Kemal a été lui aussi victime d'une intrusion nocturne dans son domicile de Moroni. Se refusant à toute déclaration, il annonce “une réunion de notable d'Ikoni pour se pencher sur le sujet”. C'était hier après-midi.
Abdou Souleymane Ibrahim, 28 ans, natif d'Iconi compte parmi les blessés. “Je suis parti à Moroni ce mardi matin avec quatre amis en quête d'images de Salim Ali Amir pour une pub sur son prochain concert à Ikoni, je ne savais même pas qu'il y avait un conflit. Arrivé au café du port, des jeunes se sont attaqués à moi blessant les côtes et le bas-ventre. Ma voiture est complètement saccagée. C'est la police qui se trouvait au port qui m'a sauvé”. Un de ses amis, Moussa Abdou Ali aurait été blessé au pied et deux autres auraient réussi à s'enfuir.
Selon Ali Djambaé, commandant de la gendarmerie, en patrouillant la soirée du mardi, la gendarmerie a constaté une maison et deux voitures brûlées à Maluzini, et des jeunes d'Ikoni aurait pris une vedette la soirée du mardi pour se rendre dans le domicile de Salimamoud où ils ont blessé une personne.
Le commandant de la gendarmerie a confié que depuis mardi soir les dispositions étaient prises pour sécuriser les deux villes. “Le problème a coïncidé avec l'arrivé du président tanzanien et nous n'avons pas pu intervenir directement, nous attendions qu'il quitte le secteur pour intervenir”, a-t-il précisé.
Hier, dix personnes étaient en garde à vue à la gendarmerie. “Je sais que les problèmes il y en a toujours, avance le commandant de la gendarmerie, mais il faut savoir se maîtriser et ne pas endommager les biens matériels. Nous devons sensibiliser les jeunes et les mettre sur la bonne voie, car ce sont eux qui commettent ces dégâts”. Le maire de Moroni, pour sa part, a refusé de faire une déclaration, considérant que la situation demeurait tendue et qu'il se donnait “le temps d'examiner le problème sérieusement”.
Al-watwan N° 1283 du 26 mars 2009
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