Devant le siège de l'ambassade sécurisé par des éléments de la gendarmerie nationale, les manifestants ont procédé à une lecture collective du coran et entonner l'hymne national avant de partir. Un drapeau français a été aussi brûlé par des manifestants.
Cette marche a été précédé par un rassemblement à la place de l'indépendance au cours duquel un seul discours, celui du président du comité maoré, a été prononcé. A la tribune, on a noté la présence de quelques membres du gouvernement fédéral notamment le ministre chargé des relations extérieures, Ahmed Ben Saïd Djaffar, son homologue de la justice et de la fonction publique, Mmadi Ali mais aussi celui de l'éducation nationale Kamalddine Afraitane ,des hauts dignitaires ainsi que les membres du Comité maoré. Plusieurs banderoles dénonçant la départementalisation de Mayotte ont été déployées sur place pour la circonstance. « Référendum de Mayotte est nul et non avenu », pouvait-on lire sur l'une d'entre elles ou encore « Référendum à Mayotte égal rupture avec la France ».
« Après le visa criminel, la France va franchi un nouveau palier dans sa volonté de balkanisation de notre pays. Notre devoir à nous, citoyens, est de démontrer notre détermination à défendre l'intégrité territoriale de notre archipel », a déclaré, Idriss Mohamed devant la foule massée à la place de l'indépendance. Ce membre du Comité maoré qui a estimé qu'avec l'organisation de ce référendum à Mayotte la France venait d'effectuer « un pas supplémentaire » dans sa logique d'intégration de Mayotte au sein de la république française. Il garde toutefois espoir dans un vote négatif de la ratification de ce projet par l'assemblée nationale française. « Si nous arrivons à bien ficeler notre stratégie nous obtiendrons des bons résultats d'ici là », a-t-il estimé. Quoi qu'il en soit « La France quittera Mayotte. Si ce n'est pas aujourd'hui, ce sera demain ou après demain », a-t-il encore martelé.
Le rassemblement de ce matin succède à plusieurs initiatives entreprises ces derniers mois par différents acteurs de la vie publique comorienne pour dénoncer la départementalisation de Mayotte considérée comme illégale dans les trois îles indépendantes de l'archipel des Comores. Samedi dernier, peu avant de quitter l'archipel pour se rendre au sommet de la ligue des Etats arabes à Doha au Qatar, le président Sambi, a même « conseillé aux Mahorais de ne plus se présenter dans les bureaux de vote au risque de le regretter dans l'avenir ».
« Votre avenir est du côté des Comores », a-t-il affirmé en s'adressant aux Mahorais. Déjà, Vendredi après-midi, un rassemblement similaire à celui de ce dimanche était organisé sur la même place. Plusieurs discours ont été prononcés ce jour là. « Nous, peuple comorien, réuni ce 27 mars à la place de l'indépendance condamnons à l'unanimité le référendum sur la départementalisation de Mayotte », affirmait Djaé Ahamada, le directeur du journal Alwatwan, lisant un mémorandum destiné à l'ambassade de France aux Comores. « Nous n'acceptons pas et n'accepterons jamais que Mayotte soit un département français », indiquait pour sa part Mmadi Ali, le ministre chargé de la justice. Des propos qui démontrent s'il en était besoin la détermination des Comoriens à défendre l'intégrité territoriale de leur archipel. « Depuis notre indépendance en 1975, nous avons subi les humiliations de toutes genres de la part de la France. Alors, aujourd'hui, on se demande si la France est notre amie ou notre ennemie », s'interroge le cardiologue Sounhadj Attoumani. Avant d'ajouter « si elle est notre ennemie, alors qu'elle s'en aille ».
Faissoili Abdou
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