Sur ce, on voudrait commencer notre jugement par cette célèbre citation de Proudhon qui nous rappelle tous, on cite : « la propriété est la grande matrice de nos misères et de nos crimes ». Ces mots traduisent les évènements récents qui se sont soldés à des blessés et de lourds dégâts matériels et, par la suite ont attisé la haine entre ces deux communautés.
L'histoire de notre pays nous a enseigné qu'une grande part des relations conflictuelles et des cas agressifs sont d'origine foncière et nous constatons avec regret qu'entre ces deux communautés, cette crise est récurrente puisqu'elle perdure depuis déjà plus de 16 ans. Non, cette crise n'est pas une fatalité ; elle pourrait bien être évitée avec un engagement manifeste de la part des autorités compétentes. Nous estimons que tout acte barbare et récidiviste survenu dans ce domaine est le résultat d'une mauvaise gestion des affaires de l'Etat de la part de nos dirigeants. Cette instabilité sociale a entrainé la privation des droits les plus élémentaires à bon nombre de nos concitoyens tels que :
- La liberté d'aller et venir qui, nous semble – t – il, est l'une des composantes essentielles de la liberté individuelle.
- La liberté de l'enseignement : des écoles ont été contraintes de fermer leurs portes pour cause de terreur.
- Le droit à la santé et au travail puisqu'il est impossible de quitter chez soi par peur de représailles.
- Le droit de propriété qui est l'un des droits les plus sacrés est bafouillé.
C'est dans ces situations délicates que des mesures urgentes devraient être prises et que la sécurité devrait être assurée en vue de protéger les innocents d'une façon équitable et impartiale.
Tout cela a attiré inévitablement l'attention de la FECOSC et c'est pourquoi elle condamne fortement ces actes. Elle rappelle également aux autorités publiques que si des mesures rigoureuses et urgentes ne sont pas prises, ces formes d'excitations risqueront de mettre en péril l'ordre sociale et d'amener les comoriens vers un inévitable génocide.
Cependant, pour envisager une paix durable, la FECOSC propose aux autorités publiques les mesures suivantes :
- Délimiter le plus rapidement possible le domaine privé du public
- L'application des décisions de justice liée à ces contentieux
- Dans une situation particulière, des mesures particulières doivent être prises : L'Etat doit s'approprier des parcelles en question et de régler les problèmes au cas par cas.
- Une commission d'évaluation indépendante doit être mise en place afin de faire la lumière sur l'historique de ces terres litigeuses de 1993 à 2009 et soumettre un rapport au chef de l'Etat dans un délai qui ne dépasserait pas 3 mois.
- les dommages causés doivent être évalués et réparés par l'Etat pour éviter que les communautés s'érigent en justicier.
- Ouvrir une information judiciaire en vue de découvrir les présumés coupables de part et d'autre.
L'entreprise de ses opérations serait vaine et dénuée de sens si aucun mécanisme de contrôle et de suivi ne venait pas garantir et accroitre la protection des individus et des contentieux relatifs aux domaines privés.
Nous osons espérer que les droits de l'homme apparaitront comme un idéal à atteindre et que l'ensemble des autorités, quelque soit leur différend, puissent conjuguer leur effort afin de les mettre concrètement en œuvre pour que nous aboutissons à une nouvelle forme de vie sociale caractérisée essentiellement par des relations fraternelles.
Le Bureau Exécutif
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