Place de Mroni dans le centre ville de Mutsamudu. Tout le monde y est pour commenter vie politique et vie sociale. Et bien entendu, le 24 mars, c'est le premier anniversaire du débarquement qui domine les débats. Les uns se félicitent de la chute de Mohamed Bacar pendant que la majorité s'interroge sur le bilan du nouveau régime.
« La situation n'a vraiment pas changé depuis un an, notamment au niveau de la vie sociale », déplore Youssouf Abdou, commerçant ambulant. « Les prix grimpent et le chômage ne baisse pas », soutient-il.
A quelques mètres de notre interlocuteur, une marchande de féculents nous interpelle : « On nous avait dit qu'après le départ de Mohamed Bacar les choses allaient changer. C'est vrai on n'a plus peur, mais la vie reste la même. »
Effectivement, à Anjouan, le tas de manioc s'achète aujourd'hui à 500 frcs contre 200 frcs il y a un an, le kilo du riz est passé de 230 frcs à 450 frcs, les frais de transports ont également augmenté comme dans le reste du territoire national.
« Malheureusement, il y a un changement négatif », regrette kambi.B, Psychologue à l'hôpital de Hombo. Il comprend pourquoi le « pauvre peuple » d'Anjouan ne fait pas la différence entre le séparatisme et le fédéralisme. « Ce qui compte, c'est la vie de tous les jours », dit-il. Voilà pourquoi il pense que le plus important ce ne sont pas les réformes, mais le respect des institutions.
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