Quatre heures d'horloge ont suffi au président Sambi pour convaincre les présidents Abdouloihabi et Moussa Toybou quant à l'urgence de tenir, ici et maintenant, le référendum constitutionnel en vue d'harmoniser, dit-il, le calendrier électoral. L'unité de vue affichée le 2 avril à Mutsamudu et scellée par une déclaration commune n'aura finalement duré que l'espace d'une semaine. La mine dépitée du président de Mohéli, hier à Beit-salam, montre combien l'union sacrée des chefs des exécutifs des îles a volé en éclat au bénéfice du président Sambi qui s'apprête à annoncer le mercredi prochain la date du référendum constitutionnel.
Que s'est-il passé à Beit-salam hier, jeudi 9 avril, entre le chef de l'Etat et les présidents des îles ? On ne saura pas grand-chose ; les déclarations des uns et des autres sont restées vagues, mais chacun, à l'exception notable de Mohamed Ali Said, a essayé de mettre en avant la convergence de vues qui s'est dégagée dans ce mini-sommet. Malgré l'insistance de la presse, Abdouloihabi, comme Idi Nadhoim et Toybou, ont manqué de précision sur l'accord obtenu, renvoyant les journalistes aux prochaines discussions entre les techniciens des îles et de l'Union.
Or, on sait que la question de l'harmonisation du calendrier électoral, resté jusque-là le principal point de discorde entre l'Union et les îles, ne pourrait être confié à un comité technique ; c'est une question hautement politique qui touche au mandat de chaque président. Sûrement, un accord a été trouvé sur le sujet, mais ils ont évité d'en parler.
La question que de nombreux journalistes se posent toujours est de savoir pourquoi le chef de l'Etat s'est-il entretenu séparément avec les présidents des îles (particulièrement Moussa Toybou et Mohamed Ali Said) avant le sommet proprement dit. En effet, le président anjouanais, arrivé une heure avant le début de la rencontre, a dû échanger longuement avec le président Sambi et on se demande ce qu'ils se sont chuchotés. Interrogé sur cette sorte de « complicité », Toybou s'est contenté de répondre que « Sambi est un ami de longue date avec qui on discute souvent ». Mais n'y a-t-il pas là quelque chose de normal après tout, comme l'a dit d'ailleurs l'ancien Premier ministre Hamadi Madi Bolero, membre de la délégation de Mohéli.
Deuxième question : pourquoi cette mine dépitée du président mohélien qui s'est refusée à toute déclaration à la presse. A-t-il été trahi par ses pairs des îles comme on le murmure à Moroni ? L'avenir le dira.
Une chose est sûre : le référendum aura bien lieu et la date sera fixée le mercredi ou jeudi prochain, à en croire le vice-président Idi Nadhoim. Et prolongation du mandat du président Sambi il y aura. Reste à avoir pour combien d'années ?
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