Le projet de réforme constitutionnelle du président de l'union des Comores, M. Sambi, agite le spectre d'une nouvelle velléité séparatiste aux Comores. Cette fois-ci du côté de Mohéli. Car ce projet remet en cause les acquis de l'accord-cadre de Fomboni du 17 février 2001. Un dialogue inter-îles a eu lieu entre le 3 et le 7 mars dernier, initié par l'autorité de l'Union ; ce dialogue s'est poursuivi à Dar–Nadja (Anjouan), le 1e et le 02 avril 2009, entre les présidents des trois îles autonomes.
Aucun de tous ces responsables politiques, opposants comme gouvernants, n'ont trouvé de compromis. Au contraire, une large majorité des participants s'est opposée à ce référendum : sur 80 participants, 14 pour, 66 contre ! Quant aux présidents insulaires, ils ont réaffirmé leur opposition à toute révision de la Constitution qui, selon eux, « doit se faire dans le respect du terme des mandats électifs en cours ». En évoquant l'hypothèse de prolonger son mandat, le président remet automatiquement en cause une des conditions fondamentales de la constitution : la présidence tournante entre les îles.
Si le 26 mai 2010 à minuit, Sambi est toujours président, la présidence ne sera dès lors plus tournante entre les îles. Ce sera une présidence unique avec un mandat indéterminé.
L'accord-cadre de Fomboni a mis en place une transition de douze ans, permettant ainsi à chacune des trois îles, de gérer les affaires de l'archipel durant quatre ans. Il est donc inconcevable que l'on change le système à mi-parcours. Mohéli doit prendre la présidence tournante.
Déroger à cette règle risque de plonger le pays dans une crise politique sans précédent. Nous devons refuser avec force le projet de reforme constitutionnelle du président Sambi, afin de préserver la paix retrouvée dans notre pays. Pour moi, ce référendum est déguisé en une élection présidentielle anticipée et avec un candidat unique, M Sambi. Le président de l'Union doit terminer son mandat et laisser la tournante continuer. La prochaine présidence doit revenir à un Mohélien. On n'a surtout pas le droit de froisser ces dernier. Ils ont crû à cette démocratie ; celle-ci doit se traduire dans les faits. Aucun homme ne peut les priver de leur tour (..)
A terme, on devrait songer à une présidence collégiale entre les présidents élus des îles autonomes avec un mandat de six ans, deux ans chacun à la tête de l'Union. Avec une seule Assemblée : celle de l'Union. On n'aura que deux élections dans le pays au lieu de quatre actuellement. Ces propositions, on les approfondira durant le mandat des Mohéliens mais pas avant.
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