Arrestations et démissions en cascade
15 Mai 2009 , Rédigé par aimons les comores
Ces dernières semaines, la gendarmerie nationale a procédé à l’interpellation de nombreux responsables proches de l’opposition ou du pouvoir de l’île de Ngazidja. Un peu avant, c’est Abodo Soefo,
Mdjomba Moussa qui ont été entendus à la Dnst (Direction nationale de la sûreté du territoire). Le ministre Boina Boina, l’ancien ministre Moustadran à Anjouan, le colonel Abeid ont été, tour à
tour et pour des motifs différents, entendus par la gendarmerie. Le climat d’insécurité ou, plus précisément, la menace de boycott violent du scrutin du 17 mai prochain, pourraient expliquer ces
interpellations. Cette semaine, on vient d’assister à deux démissions symptomatiques de la guerre de tranchées que se livrent les pouvoirs de l’Union et de Ngazidja. D’abord celle, spectaculaire,
de Mohamed Hassanaly, qui vient de remettre son tablier au président de la cour constitutionnelle (CC). Même si ses explications restent confuses et « inconvaicantes », le Lion de Mohéli est
embarqué, sans trop le savoir ou à déssein, dans le débat sur la tournante de 2010. Deuxième démission : celle du préfet d’Itsandra-Hamanvou. Elle constitue un coup porté dans le dos de Mohamed
Abdouloihabi qui compte sur la collaboration de ces mêmes préfets pour boycotter le référendum constitutionnel. Le désormais ex-préfet, dont les relations exécrables avec Me Fahmi étaient connus de
tous, est subitement devenu le chouchou de l’avocat. Entre Union et Ngazidja, c’est la course au débauchage pour affaiblir le camp d’en face. Le pouvoir de Ngazidja ne semble pas tolérer la moindre
liberté de vote de ses administrés. Il suffit d’afficher sa préférence pour la réforme constitutionnelle pour perdre, le lendemain, son emploi. Un agent de la préfecture l’aurait appris à ses
dépens. Du côté de l’Union, l’on est obligé d’adopter un profil bas et de faire dos rond pour sauver son poste. Autant dire que les pratiques politiques aux Comores ont encore la peau dure. Sous le
règne du colonel Azali, il ne fallait surtout pas contrarier « le boss » sous peine de sanctions disciplinaires. L’homme avait horreur de la contradiction. Pourtant, hier comme aujourd’hui, la
liberté d’expression et de pensée est jalousement préservée dans notre loi fondamentale. Ce matin, un ami reporter-photogrape au journal Al-watwan qui ne s’empêche pas d’afficher son opposition au
projet de loi référendaire s’est vu ainsi menacer par un proche du pouvoir de l’Union : « Je vais le dire à Djaé (Ndrl : le directeur général du quotidien) ». Ainsi va la démocratie comorienne.
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Démission de Mohamed Hassanaly de la Cour constitutionnelle
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