UNU MSETRO, HE NAYAYELE !
La commission nationale électorale est en retraite à Anjouan pour faire la synthèse de leur exploit électoral du référendum sur la révision de la constitution.
Les membres de la commission électorale ont choisi l’île Anjouan pour la même raison : le référendum est le scrutin qui a enregistré dans l’île le plus fort taux participation des électeurs.
20% le dimanche soir, 44% le lendemain, 53% le soir du lundi, et 65%, rien que dans l’île d’Anjouan. Des taux en constante crescendo qui ont inspiré à un confrère de la région la réflexion suivante : ‘‘heureusement qu’au dessus de la cour constitutionnelle, il n’y a pas d’autre juge électoral, on aurait frôlé les 110%’’.
J’ai encaissé le coup.
Les partis de la coalition du pouvoir, eux, ont choisi le site paradisiaque de Maloudja pour un repos bien mérité. Ils peaufinent les stratégies pour présenter des candidats uniques dans toutes les circonscriptions.
Normal qu’ils restent dans les rangs. Après avoir été mouillé et souillé par la pluie des KMFs qui s’est déversée sur l’ensemble du territoire pour le référendum, chaque parti espère qu’une pluie cette fois-ci diluvienne de KMFs s’abattra pour les législatives, pour les encrasser de plus belle.
Chaque parti rivalisera d’intelligence pour tirer les marrons du feu. Les risques de se griller les doigts ne profitent qu’à ceux qui les prennent, disait ma grand-mère.
L’enjeu de la bataille des législatives est unique : élaborer le calendrier électoral qui permettra à Sambi de prolonger son mandat, sous prétexte d’harmonisation des élections nationales et régionales.
L’opposition semble vouloir abandonner la stratégie du boycott et Houmed Msaidié crie à qui veut l’entendre que cette fois-ci, c’est en ‘‘bloc’’. L’expression sonne bien, je l’admets.
Le gouvernement étudie déjà le chronogramme des activités de la Commission, qui propose deux échéances, avant ou après le mois de ramadan.
Ça ne change rien pour nous. Avant le ramadan nous crevons de faim, pendant, nous aurons faim et après, ça sera pire…
La révision des listes électorales, une des préalables posée par la loi électorale, transgressée lors du référendum, est subitement devenue une préoccupation première.
Si au référendum le scrutin avait estimé un budget de 300 millions, aux législatives, les dépenses sont évaluées au double, plus de 600 millions de francs.
J’imagine, que les fonctionnaires vont devoir attendre la fin du mois de ramadan pour obtenir la paie du mois de décembre 2008, puisque, ils viennent de percevoir le mois de novembre 2008 après le référendum.
Il faut voter pour mériter salaire !
Et dans tout ça, personne n’évoque l’essentiel.
Comment allons élire des conseillers des îles, avant l’adoption les lois statuaires qui remplaceront les constitutions des îles, puisque la constitution de l’Union en vigueur n’a pas prévue de dispositions transitoires ?
Un parmi les juristes éclairés, chevronnés du pouvoir, auteur de la présente loi adoptée, s’est tout simplement et tout bonnement exclamé en disant : Oh putain, on a oublié ! Les cinq doigts de la main gauche dans la bouche !
Mais comme dit si justement une vendeuse de poisson de Volo-volo : UNU MSETRO ! HE NAYAYELE !
Fensso
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