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Le blog  Aimons les Comores de SAID IBRAHIM

Une condamnation pour prosélytisme chiite aux Comores. Histoire d'une « hérésie » au XXIème siècle

1 Juin 2009 , Rédigé par aimons les comores

Tribune libre

Une condamnation pour prosélytisme chiite aux Comores. Histoire d’une « hérésie » au XXIème siècle Tribune libre
Le 26 mars 922 (309 H) Mansour al Halladj a été condamné et brûlé vif à Bagdad pour avoir dit « Ana al haqq » (Je suis la vérité). Ce grand lettré musulman soufi, auteur de nombreux ouvrages mystiques et poétiques sur l'islam, qui incitaient les disciples à renouer avec la pureté coranique, était considéré comme un hérétique, aussi bien par les Sunnites que par les Chiites. C'est un homme qui possédait une spiritualité très élevée, prêchant en Iran, en Inde et jusqu'en Chine. Le professeur Louis Massignon a consacré sa thèse sur l'histoire de ce martyr du soufisme et a traduit en français, ses œuvres comme le Diwan al haladj (1955).
Aujourd'hui, à l'aube du 21ème siècle, un homme vient d'être condamné à trois mois de prison ferme par le Tribunal d'instance de Moroni pour s'être déclaré chiite aux Comores. À ce principal chef d'inculpation, s'ajoute la suspicion de « trouble à l'ordre public » en raison de son influence, supposée ou réelle, sur la population de la région de Mitsamihuli (Grande-Comore).
Tout commence au début de l'année 2009. Mohamed Mladjao, enseignant de français et d'arabe, homme de foi et religieux pieux, fait la connaissance de chiites iraniens, venus de Madagascar. Ces derniers lui proposent de l'aider à construire un centre religieux et une mosquée chiites pour ceux qui souhaitent découvrir cette branche religieuse de l'islam. Mohamed Mladjao est très vite intéressé par cette proposition. D'abord, il voulait construire cet édifice chiite dans le village de Wela Mitsamihuli, en raison notamment de la confession chiite de certains jeunes de la localité. Mais, les notables de ce village se sont interposés pour faire échouer le projet. C'est là qu'il décida de se replier sur son village natal d'Ouzio (Mitsamihuli) pour bâtir ce centre, dans un terrain familial. Il acheta les matériaux de construction, commença à piquer les chevrons, puis repartit à Moroni pour acheter la tôle. De retour, il découvrit un chantier entièrement vandalisé par des jeunes de la région, poussé, semble-t-il par un esprit fondamentalement religieux.
Quelques jours après cet acte de vandalisme, Mohamed Mladjao décida de porter plainte au tribunal de Moroni, assisté par Maître Fahami Said Ibrahim. Mais ayant eu l'écho de sa plainte, les notables de la région de Saint Benoit (région de Mitsamihuli) décidâmes à leur tour de poursuivre le plaignant en justice, pour « prosélytisme chiite ». Le 28 mai 2009, le tribunal de Moroni a rendu un verdict sévère. Mohamed Mladjao est reconnu coupable des faits qui lui ont été reprochés. Il est condamné à trois mois de prison ferme, assortis d'une amande de 500000 francs comoriens (environ 1000 €). Toutefois, le tribunal lui a laissé dix jours pour faire appel de cette décision.
Cette histoire me rappelle celle d'Abdallah Darwesh ; né en Palestine, à Saint-Jean d'Acre au début du XIXème siècle, d'un père Omanais et d'une mère comorienne. En 1883, il décida de retourner dans l'archipel pour diffuser la confrérie religieuse Shadhuliyya al-Yashrutiyya, entre autre. Il commença à prêcher cette confrérie dans la ville de Ntsudjini quand tout à coup le Sultan qui régnait sur la région d'Itsadraya lui expulsa de cette capitale de la lignée royale Inya Fwambaya. En effet, il était jugé « dangereux et subversif », parfois traité de fou, susceptible de troubler la tranquillité de la population. Quelques décennies plus tard, un grand nombre de comoriens adhérèrent à cette twariqa, permettant ainsi à un universitaire français d'écrire que « l'islam comorien est aussi un islam confrérique » (Raymond Delval, 1980).
Ainsi, on voit clairement que la société comorienne a toujours accepté avec difficulté certaines pratiques réligieuses chiites ou soufies. Mais au fait, qu'est ce qu'un chiite ? Peut-on traiter les partisans du chiisme de non-musulmans ou de gens égarés ?
Le chiisme est né d'un différent purement politique qui opposait le gouverneur de la Syrie, Muãwiya Ibn Abû Sufian, à Ali Ibn Abî Taleb (quatrième calife de l'islam) au cours de la bataille de Siffin en juillet 657. Les chiites étaient donc les partisans d'Ali dans cet épreuve de force. Sur le plan politique, leurs revendications s'articulent autour d'une reconnaissance de l'autorité politique d'Ali qu'ils estiment lésé dans la succession du Prophète Muhammad. Sur le plan religieux, ils croient au Coran, à la résurrection, au jugement dernier. Ils reconnaissent le Message du Prophète, prient obligatoirement cinq fois par jour comme nous, jeûnent pendant le mois de ramadan et font le pèlerinage à la Mecque. En revanche, sur le plan idéologique, les chiites ont une interpénétration du Coran et des hadiths à travers ce qu'ils appellent « la philosophie du kalam ». Des courants philosophiques attenants tels le djafarisme, avec leur concept de taqlîd ou imitation, le mou'tazilisme avec son interprétation du « déterminisme en islam », se sont développés dans l'islam chiite. Ainsi, les chiites sont avant tout des musulmans comme nous, avec qui nous partageons le même dogme et les mêmes rites. Seulement, ils ont une vision politique différente des sunnites ; car il faut le rappeler, « l'islam et une religion et un État ».
Cette différence d'interprétation de la « loi » religieuse existe aussi dans le Sunnisme. Ce sont des divergences liées aux écoles juridiques ou madhhab : certains actes paraissent permis chez les chaféites, alors qu'ils semblent interdits dans les écoles malékites et hanbalites. Chez nous aux Comores, par exemple, nous avons l'habitude de réciter à voix haute la formule « Au nom de Dieu, le Tout Miséricordieux, le Très miséricordieux », (c'est-à-dire le bismillah) au cours des prières « qui se font la nuit ». Les États musulmans du Maghreb, affiliés à la doctrine malékite, ne le font pas. Pensez-vous que nous sommes différents ?
Ali Mohamed Toibibou
Doctorant en Histoire, Université Paris VII.
Auteur du livre, La transmission de l'islam aux Comores (1933-2000), L'Harmattan, 2008, 192 p
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T
le verdict de Mohamed Mladjao ne doit pas être un cas isolé au contraire il doit nous interpeller et nous inciter à bien voir les comores avec les facettes de la mondialisation.doit on poursuivre sambi en justice il est le premier qui soutient avec determination et conviction le shiisme aux comores. doit on lutter contre cette philosophie par des moyens de la force ? non il faut se ranger devant une meilleure arme : L'EDUCATION.SAMBI NE PARTIRA AU POUVOIR SANS AVOIR TEMINER SA MISSION SPIRITUELLE : L4IMPLANTATION DE CETTE IDEOLOGIE DE SHIISME ;SOYONS PRUDENTS
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A
<br /> vous avez raison!<br /> <br /> <br />