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Le blog  Aimons les Comores de SAID IBRAHIM

Fin de partie pour le quotidien La Gazette ?

6 Juin 2009 , Rédigé par aimons les comores

Fin de partie pour le quotidien La Gazette ?
Le quotidien La Gazette des Comores a-t-il rejoint le cimetière déjà rempli des titres de la presse comorienne? On espère que l'interruption de sa parution (depuis lundi) sera de courte durée. Pour quelques factures non honorées, voilà que Graphica a refusé d'imprimer le journal, au grand dam des milliers de lecteurs et abonnés du quotidien. Cette semaine de « vacance forcée » représente, vous l'imaginez bien, un important manque à gagner pour El-Had Said Omar, directeur général de La Gazette, qui misait sur la publication et le paiement de quelques annones publicitaires pour régler son ardoise vis-à-vis de Graphica. Mais, la direction intérimaire de l'imprimerie avait déjà décrété sa fatwa.

Après Kash-Kazi et L'Archipel, c'est un autre titre-phare de la presse comorienne qui s'en va, dans l'indifférence totale des pouvoirs publics qui semblent avoir d'autres chats à fouetter. Le système des Nations unies ne cesse, à longueur d'ateliers et de semaines, de parler de bonne gouvernance, mais rechigne à renforcer les instruments d'un Etat de droit aux Comores, et ce en appuyant les entreprises de presse.

Sous d'autres cieux, l'Etat essaie tant bien que mal d'appuyer les journaux à travers l'exonération de certaines charges mensuelles (téléphone, Internet,..) ou l'exemption de paiement de certaines taxes douanières ou fiscales. Aux Comores, rien de tel. Seul le quotidien d'Etat Al-watwan reçoit quelques subsides du gouvernement comorien et basta. Cette suspension que nous espérons temporaire de La Gazette fournit l'occasion d'engager une réflexion profonde sur l'avenir de la presse écrite aux Comores.

Les Etats-généraux de la presse aurait pu constituer un excellent cadre pour lancer le débat, mais la tenue de ces assises restent aujourd'hui suspendues au bon vouloir des fonctionnaires du ministère des Finances qui refusent encore de débloquer la modique somme...de 3 millions, malgré l'avis positif du conseil des ministres. Quand on sait que le seul meeting du Oui à Moroni a coûté bien plus que cela, on se pose vraiment des questions.
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