Il ne lui reste que près de 10 mois de gestion (mai 2006-mai 2010) et il crie au scandale, estimant que la maison Beit-salam prend feu de tout côté, dénonçant la gestion chaotique des finances publiques.
Je lui reconnais l'intelligence et l'habileté de se dissocier du chaos et de pointer un doigt accusateur et lâche à un gouvernement inaudible et une administration invisible.D'abord il jubile. ''J'ai signé, dit-il, les ordonnances qui vont consacrer les changements des appellations. Les présidents des îles deviennent les gouverneurs, les ministres deviennent des commissaires et prochainement Inshallah, les députés de îles deviendront des conseillers''.
Résumé et fin de son programme céleste !
Comme à l'accoutumée, il s'assoit sur le peuple lui rejetant l'entière responsabilité, des changements constitutionnels : ''Vous contestiez les scrutins à répétition, j'ai accédé à votre souhait'', sachant très bien que seulement 15% de la population s'est déplacé pour voter sa réforme.Il enchaîne sur les questions financières, prenant un malin plaisir à présenter les chiffres, des recettes comme des dépenses, ligne par ligne budgétaire, révélant un scandale encore plus grande, son ignorance de la gestion de l'Etat.
Dans son discours Sambi révèle ses grandes lacunes. ''Savez-vous di-t-il, que dans budget établi par le gouvernement, aucun chapitre n'est consacré aux questions sociales et au développement ?''.A qui la faute monsieur le président ?
Et il cite les secteurs oubliés. ''Le budget, déclare-t-il, n'a pas un rond à consacrer aux besoins croissants en eau et en électricité, au désenclavement des régions, aux infrastructures écolières, aux hôpitaux et dispensaires'' etc... etc...Un mea-culpa, qui sonne comme un aveu....
A dix mois de la fin de son mandat, il revient sur son Dada, l'habitat insalubre, estimant sans dire comment, que les comoriens ont le droit d'accéder au crédit bancaire et de bénéficier de l'aide de l'Etat. Tout ça à dix mois de la fin de son mandat.
Le président ignore et c'est grave, que le budget est élaboré par son gouvernement et qu'il n'est que le reflet de sa politique.Le président ne sait pas que c'est son gouvernement qui définit et prélève les impôts et c'est le gouvernement qui émet de la dette publique.Le président peut-il méconnaître que c'est le gouvernement qui définit les impôts directs, versés directement par les contribuables à l'Etat et les impôts indirects, incorporés au prix des biens ou des services et payés à des intermédiaires ?
Monsieur le président !
Le budget des Comores a classé les dépenses publiques en plusieurs catégories. Les dépenses de fonctionnement des services publiques, qui peuvent par exemple être affectés à la création d'emplois dans les hôpitaux, à l'enseignement ou dans la recherche. Les dépenses d'équipement ou d'investissement, qui peuvent soutenir les ministères de l'équipement des îles, et les dépenses d'intervention dans les domaines social, économique et international qui peuvent être affectés par exemple à l'aide aux handicapés....
Comment pouvez-vous, monsieur le président, annoncer scandaleusement que la masse salariale a dépassé les 71% en 2008 et risque dépasser le seuil intolérable de 79% en 2010, alors que les recrutements sont opérés au niveau des superstructures ?
Dans ton budget, vous avez deux choix stratégiques. Ou bien vous décidez d'adopter un budget en équilibre, les recettes étant égales aux dépenses, ou bien vous élaborer un budget en déficit financé par des emprunts mais risquant d'augmenter la dette de l'Etat, contrairement à l'excédent budgétaire, qui vous permet de rembourser une partie de la dette.Les choix sont simples.
Mais le président Sambi, se croyant obligé disserter sur des sujets compliqués, énumère les recettes, citant pêle-mêle les douanes, les impôts, les hydrocarbures, les recettes du trésor, les impôts divers, les sociétés d'Etat, les régies, les aides extérieures.
Dans sa quête de chiffres, le président fixe sa priorité, éponger les arriérés de la dette, annonçant qu'il déjà réglé en une année une facture de près de 1 milliards 914 millions de francs comoriens.Ces efforts ont permis, selon le président, de renouer la confiance avec les principaux bailleurs de fonds, permettant d'ouvrir prochainement des discussions importantes, devant déboucher à un effacement total de la dette qui avoisine les 96 milliards de nos francs.
Et le président de verser dans le populisme qu'il chérit tant. Il en appelle aux contribuables et aux syndicats d'êtres les gardiens de l'utilisation efficient de l'argent de l'Etat, indexant les fonctionnaires qui sont payés à ne rien faire.Il feint d'oublier que pas un mois (janvier à juin) de l'année 2009 n'a été payé et qu'en 2008, deux mois ne sont pas encore honorés (novembre-décembre).
Et dans tout ce blabla de 45 minutes, Sambi oublie l'essentiel.Nous sommes au mois de juin 2009, le budget n'a pas encore été adopté par le parlement et il continue pourtant à dépenser et à percevoir l'impôt.
Le président a parlé...il dévoile un océan d'ignorance.
Fensso
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