Le ministre des Finances, Mohamed Ali Soilihi n'a pas reçu l'intersyndical des enseignants comoriens, pour ouvrir les négociations sur les revendications relatives aux arriérés de salaires, déclare Moustakim Djoubeiri, secrétaire national du Syndicat national des professeurs comoriens (Snpc). Ce rendez-vous devrait porter sur un échéancier pour régulariser les arriérés de salaires des enseignants qui date depuis décembre 2008. Selon le chef syndicaliste, “dans le cadre du maintien du dialogue permanent, le ministre des Finances devrait nous recevoir le 15 juin, mais nous ne sommes toujours pas reçus. Or nous avions eu la confirmation qu'il allait nous recevoir dès son arrivée”. Cette rupture du dialogue “commence à devenir une habitude” fait-il remarquer. En avril dernier, lors de la réunion entre les syndicats des enseignants de Mwali, Ndzuani et Ngazidja, l'intersyndical a essayé de rencontrer le ministre des Finances, mais le rendez-vous n'a jamais été fixé. “Ce rendez-vous manqué du lundi dernier nous rappelle notre première tentative de négociation d'avril. Nous avons dû nous rendre à l'évidence que le ministre veut éviter le dialogue”, conclut Moustakim Djoubeiri.
Pour manifester leur mécontentement par rapport à cette situation, l'intersyndical appelle “tous les citoyens” à prendre part à une marche pacifique de protestation jeudi.
2008-2009 était une des rares années scolaires comoriennes, depuis bien longtemps, qui n'a pas connu de perturbation, alors que les enseignants accusent six mois d'arriérés de salaire, à un mois de la fin de l'année scolaire.
Selon Djoubeiri “cette année, la démarche du syndicat a été de ne pas interrompre les cours par les grèves. Nous avons opté pour le travail tout en revendiquant nos droits dans l'espoir de trouver satisfaction. Nous ne percevons aucun signe allant dans ce sens”.
Le 3 juin dernier, un arrêt de cours de quarante huit heures n'a pas non plus provoqué de réactions des ministères concernés. Selon les syndicats de l'Education, “la manifestation du jeudi prochain est un signal fort à envoyer au gouvernement”.
Al-watwan N° 1342 du 17 juin 2009
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