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Comme ses collègues des autres localités de l'île, le préfet du centre, Abdéremane Boina Mohamed, nommé par les autorités
de l'île autonome de la Grande Comore, refuse de passer la main à son successeur Mohamed Djalim Ali, nouvellement désigné par le gouvernement fédéral. « Je ne peux pas
accepter, ni prendre acte, ni me conformer à un arrêté plein de vices de forme », a signifié cet ancien gendarme à ses hôtes.
Selon lui, l'indication « préfet du centre-sud », figurant dans l'arrêté nommant son successeur, fausse tout. « L'arrêté qui a nommé mon
« remplaçant » concerne un préfet du centre-sud, alors que moi, je suis le préfet du centre », a-t-il expliqué pour notifier « ce vice de
forme ». « Il n'y a jamais eu de préfecture du centre-sud dans le découpage administratif de l'île », a-t-il poursuivi.
Un responsable du ministère de l'intérieur de l'Union des Comores, contacté par nos soins, soutiendra cependant que cette division administrative a toujours prévalue dans l'île.
« Normalement le centre englobe la région qui va de Hahaya à Hambou. Nous avons donc, le centre Itsandra Hamanvou et le centre sud c'est-à-dire Moroni, Bambao et
Hambou », tente d'expliquer Ahamada Mgomri, le directeur de cabinet de ce département ministériel.
« La procédure de révocation du préfet suit son cours », assure, Mohamed Abdou Lemane, le conseiller juridique du ministère de l'intérieur soulignant que
« c'est à la justice de soulever un vice de procédure et non à un plaignant ».
Devant le refus catégorique du préfet de céder son bureau dans l'état actuel de l'arrêté ministériel, l'huissier de justice ainsi que le nouveau préfet ont quitté le lieu tout en
indiquant qu'ils allaient revenir. « Ils viendront forcer les portes », confie le préfet Abdéremane Boina Mohamed aux journalistes présents dans la cour de la
préfecture. Effectivement, l'huissier de justice accompagné de deux gendarmes est revenu trois heures après, à 13h00, pour tenter d'obtenir les clés de la préfecture sans succès.
« Je lui ai indiqué que je ne vais pas céder sans une décision de justice. J'attends une décision du procureur ou du commandant de la gendarmerie avant de
partir », a dit le préfet.
Dénonçant un « arrêté qui foule aux pieds le droit », l'ancien gendarme Abdéremane Boina Mohamed, annonce sa décision de se porter candidat aux prochaines
législatives. Il s'est subitement trouvé une vocation politique. « Cet arrêté fait que j'aurais l'honneur d'être candidat aux prochaines législatives. Il fait de moi un
opposant à la politique du président Ahmed Abdallah Mohamed Sambi dans la région de Moroni, Bambao et Hambou », a-t-il déclaré.
Dès lors, il annoncera son programme pour cette prochaine échéance électorale. « Je me porterai candidat pour défendre le droit contre la politique de main tendue, de la
bassesse et de l'humiliation », annonce-t-il sans ambages.
F.A.
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