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Le blog  Aimons les Comores de SAID IBRAHIM

LA VERITE SUR L'ARRESTATION DU COLONEL-DICTATEUR ABEID

23 Août 2009 , Rédigé par aimons les comores

LA VERITE SUR L’ARRESTATION DU COLONEL-DICTATEUR ABEID
TRIBUNE LIBRE

C'est l'histoire de l'arroseur arrosé. Depuis qu'il a eu conscience que Sambi n'était pas disposé à l'intégrer dans son équipe pour partager le gâteau, le sinistre colonel ABEID a entrepris de critiquer l'Ayatollah, le traitant de tous les noms. Tout est passé en revue. En des termes à peine voilés, il traite l'homme au turban de dictateur, de terroriste, de musulman chiite voulant instaurer la charia aux Comores. Dans son dernier appel, il vilipende le représentant de L'UA M. Madeira qu'il qualifie d'agent au service de Sambi. Sa dernière sortie a sonné comme une déclaration de guerre car, en homme de réseaux et en bon serviteur de la françafrique, Abeid a lancé à la France, un vibrant appel au secours. A cet instant précis, le pseudo colonel venait de franchir le rubicon, la ligne jaune. Il semble avoir signé son «arrêt de mort».

Fort des liens familiaux qui l'unissent avec des séparatistes aujourd'hui reconvertis au sambisme et du soutien toujours actif de ses anciens compagnons de route qui peuplent le palais de Beit Salam, Abeid s'était senti pratiquement intouchable. En prenant l'initiative de rompre le pacte de non-agression conclu avec Sambi et de l'affronter, le colonel avait oublié au passage qu'il trainait de nombreuses casseroles. Pour le neutraliser, Sambi a décidé de s'en servir.

En effet, l'arrestation suivie de l'incarcération de l'ancien dictateur anjouanais répondent à un impératif de justice que nous réclamons depuis des années. Alors que certains préféraient passer en pertes et profits les exactions commises à Anjouan, nous avons toujours exhorté les autorités politiques et judiciaires à engager des poursuites à l'encontre de leurs auteurs.
Voici un extrait de la tribune que nous avons publiée le 15 avril 2008 alors que le même Abeid s'apprêtait à briguer les suffrages des anjouanais pour le fauteuil de Président de l'île.

«Comment peut-on à ce point perdre la mémoire et tenter de passer en pertes et profits les atrocités commises par cet agent de la françafrique de juin 1999 au mois d'août 2001 ? C'est sans nul doute, un mélange d'hypocrisie, de mauvaise foi avec probablement, une bonne dose d'inconscience. Le colonel ABEID comme BACAR doivent répondre de leurs actes devant la Justice comorienne » (...)
« Tous les comoriens épris de justice et de paix doivent dorénavant refuser l'impunité qui, malheureusement, a constitué jusqu'ici la norme. Les victimes des infractions ont droit à un procès et à la réparation du préjudice (moral, physique ou matériel) subi. Si nous gardons le silence, nous nous rendons autant responsables que ceux qui ont perpétré les crimes.
D'autre part, nous faisons remarquer que même en l'absence de plainte, le ministère comorien de la Justice, par l'intermédiaire du Parquet, peut solliciter l'ouverture d'une information pour les faits incriminés et reprochés au dictateur ABEID, en l'espèce :
Intelligence avec une puissance étrangère en l'espèce, la France
Complicité par instigation de viols aggravés
Complicité par instigation d'arrestations arbitraires
Détournements de deniers publics / Complicité de détournements de deniers publics
Complicité par instigation d'actes de torture et de barbarie ».

Pourquoi après un long sommeil, la justice de Sambi se réveille-t-elle soudain? Ne nous méprenons pas, les raisons sont simples. L'Ayatollah ne supporte plus l'arrogance de l'ex-dictateur qui constitue à ses yeux un danger potentiel dans une île d'Anjouan où les racines du séparatisme n'ont pas encore été totalement éradiquées. De plus, devant l'incapacité du gouvernement à apporter des solutions pérennes aux multiples difficultés auxquelles la population est confrontée, les prises de positions hostiles de l'ex-colonel risquaient de rallier les mécontents. La seule solution était donc de le mettre hors d'état de nuire.

Rendre justice aux victimes des infractions graves commises n'a jamais été une priorité pour Sambi et ses amis séparatistes. Il convient de rappeler le cas de cette jeune femme Mme. ANTUABA, symbole de la férocité et de la barbarie du pouvoir Abeid. La plainte qu'elle a déposée au parquet de Moroni pour viols aggravés et actes de barbarie était jusqu'à ce jour, restée dans les fonds des tiroirs du tribunal. La demande d'audience qu'elle avait sollicitée pour s'entretenir du sujet avec le Rais Sambi a été court-circuitée par les joyeux séparatistes de Beit Salam. Et on nous interdira de parler de protection au plus haut sommet de l'Etat !

Mieux vaut tard que jamais diront certains. Nous espérons tout simplement que pour une fois, justice sera rendue aux victimes des années de plomb imposées par Abeid et ses acolytes. Nous demandons également que le dossier Bacar soit enfin déterré et instruit avec la célérité et l'efficacité nécessaires. L'arrestation de l'ancien rebelle relève t-elle d'une réelle volonté de rendre justice aux victimes d'infractions ou s'agit-il d'un simple règlement de compte destiné à éliminer un opposant dangereux ? L'avenir nous le dira.

LE 20 AOUT 2009 / MOHAMED ALI
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