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Durant ce mois du ramadan, la consommation est très forte et très variée. Chacun y va de son imagination pour concocter
des plats délicieux pour la rupture du jeûne (Foutour).
La forte demande des consommateurs occasionne ainsi une flambée des prix des denrées alimentaires sur le marché dont les foyers les plus modestes sont les premières victimes.
Ainsi, depuis le début du mois de jeûne, au marché Volo-Volo à Moroni les prix des produits alimentaires connaissent une hausse considérable, alors que les portefeuilles des
comoriens semblent plus que jamais vides. « Franchement c’est mauvais. C’est trop », crie cette femme qui vient du marché. « Je dépense 10000fc
(20euro) tous les jours et je ne sais plus que faire. Les marchands ne font pas de différence entre les autres mois et le mois de ramadan. Je plains les autres qui n’arrivent pas
à avoir cette somme par jour pour faire leur marché », poursuit-elle. « Il y a beaucoup d’autres choses qui nous attendent après le ramadan et on est obligé de
jongler pour pouvoir avoir quelque chose à manger au coucher du soleil », enchaîne cette femme citant comme exemple la rentrée scolaire qui pointe son nez. Cinq minutes
après, une autre femme d’une cinquantaine d’années, sort du marché son panier sous la main. « Je viens tous les jours ici et j’utilise facilement 40 euros. Malgré le
manque d’argent et la cherté des produits alimentaires nous sommes obligé d’acheter. Mon mari est retraité et jusqu’à maintenant il n’est pas payé », explique Marie
Abdallah, dont le mari est ancien employé à l’aéroport de Moroni. En fait, les fonctionnaires comoriens comptabilisent huit mois d’arriérés de salaires. Ils viennent juste de
percevoir le salaire du mois de juillet, alors les autres mois (Janvier-Juin 2009) ne sont pas encore payés.
« Les prix sont très élevés », crie un homme au milieu des vendeurs de poissons et des bouchers au marché Volo-volo. « On n'arrive pas à trouver
quelque chose à 500 fc (1 euros). Qu’est ce que nous allons devenir ? »,s’interroge-t-il,visiblement très inquiet. Pour lui se sont les autorités politiques qui
sont responsables de cette montée des prix qui échappe à toute logique. « Ils n’arrivent pas à contrôler les prix », accuse-t-il. « Le gouvernement n’a pas
fixé de prix pour les denrées. Normalement cela se fait dés le début du mois de ramadan », renchérit Soko, un vendeur de poisson.
Pourtant, la direction générale du commerce intérieur au niveau de la Grande-Comore, vient de fixer une liste des prix pour certains produits considérés comme les plus consommés
durant ce mois de jeûne. Mais, comme on peut le constater, alors que nous sommes au sixième jour du mois de ramadan, celle-ci n’est pas encore publiée. Ce qui dénote une certaine
faille de la part des autorités. « Nous allons veiller au respect strict des prix fixés ainsi que la généralisation de la pesée concernant les produits
locaux », tente de rassurer Rachidi Ali, le directeur de ce service qui chapeaute une brigade mixte d’intervention et de contrôle des prix mis en place, il y a quelques
mois. « Je crois que ces prix ne seront pas respectés. Comment le gouvernement peut faire respecter les prix des autres produits alors même qu’il n’arrive pas à contrôler
celui du riz ? », se demande Soco qui semble déterminé à maintenir ses prix tels qu’ils sont.
« Nous proposons les poissons (du thon) à 1500 et 1750 Fc le kilo (3 euros à 4 euros). Je crois que ce sont des prix raisonnables », soutient-il. « Ils
en abusent », dénonce un jeune vendeur occasionnel de poisson qui se trouve à côté de lui, expliquant que « ces vendeurs prennent les poissons chez les pêcheurs
à raison de 1250fc (2,5 euros) ». « Les miens je les vends à 3 euros alors que ce sont des poissons de qualité », affirme-t-il.
Bref, on assiste à une anarchie totale au niveau des prix sur le marché, ce qui est loin de l’esprit de partage prôné durant ce mois de jeûne.
F.A.
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