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Le blog  Aimons les Comores de SAID IBRAHIM

Climat de méfiance autour des législatives aux Comores

5 Septembre 2009 , Rédigé par aimons les comores

Climat de méfiance autour des législatives aux Comores
Les préparatifs pour l'organisation des législatives qui doivent se tenir d'ici la fin de l'année sont en cours d'exécution. Une date, le 18 octobre, est déjà avancée par les autorités politique pour la tenue de ce rendez vous électoral.

« Les élections auront lieu entre mi-octobre ou fin octobre », tente de rassurer, Bourhane Hamidou, le ministre de l'intérieur. Une assurance qui cache mal les inquiétudes et le climat de méfiance qui entourent ce rendez vous crucial pour l'avenir du pays. Ce processus risque, en effet, d'être plombé par des considérations d'ordre financière et politique. Le montant global destiné à l'organisation de ces élections est estimé à 900 millions fc. Et, si l'Etat comorien assure que sa part (10% du coût total) est déjà prête, l'autre partie du financement doit être assurée par ses partenaires internationaux.

Ceux-ci, pourtant, exigeraient l'élaboration d'un chronogramme et un budget détaillé avant de mettre la main à la poche. « Logiquement ces élections ne peuvent se tenir avant le mois de novembre », pense un proche du pouvoir qui se base sur la lenteur des procédures de décaissement des financements des bailleurs de fonds. Sur le plan administratif, malgré quelques problèmes de procédure évoqués au début, la mise en place de la commission électorale doit normalement intervenir avant la fin du mois de ramadan. Toutes les parties concernées ont envoyés leurs représentants.

Il reste, cependant, un problème de taille : l'apaisement du climat politique. Celui-ci semble très agité et les prochaines élections législatives se présentent comme celles de tous les dangers. Depuis trois semaines, les relations entre le pouvoir central et celui de l'île autonome de la Grande-Comore sont des plus tendues. Des hauts responsables de cette île autonome croupissent en prison. Aussi, l'opposition comorienne ainsi que les pouvoirs insulaires des îles de la Grande-Comore et de Mohéli qui avaient opté pour le boycott du récent référendum sur la révision constitutionnelle sont, cette fois-ci, disposés à participer aux législatives mais ils posent dores et déjà leurs conditions.

« Nous participerons aux élections à condition que la commission électorale soit nommée en respectant la loi électorale. Qu'on procède à la révision de la liste électorale en se basant sur la base des données qui se trouve au Pnud et que les forces de l'ordre ne soit impliquées dans le processus électorale mais qu'elles interviennent seulement en cas de besoin », déclare Houmeid Msaidie, le secrétaire de la CRC.

L'autre revendication concerne l'instauration « d'un climat politique serein ». « On ne peut pas participer à cette élection et voir le gouvernement de l'Union faire un coup d'Etat politique au niveau de la police et des préfectures », ajoute-t-il. « C'est comme si c'est une machine mis en place pour organiser une fraude électorale », dénonce Kamar Ezamane Mohamed. Ce rendez vous électoral présente des enjeux considérables et suscite, ainsi, une attention particulière du côté du pouvoir comme celui de l'opposition. Chaque camp fourbit ses armes. « Nous travaillons dans une dynamique de mise en place de candidature unique pour barrer la route aux candidats du pouvoir Sambi », confie Kamar Ezamane. « Nous aurons des candidats dans toutes les circonscriptions », assure un proche du pouvoir central. Après tout, il faut dégager tous les nuages avant l'organisation des législatives.

Faissoili Abdou
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