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Le blog  Aimons les Comores de SAID IBRAHIM

UN REGIME A L'AGONIE : DISCOURS DE FIN DE REGNE

30 Septembre 2009 , Rédigé par aimons les comores

UN REGIME A L’AGONIE : DISCOURS DE FIN DE REGNE


Dans un discours fleuve à la nation, le prophète Sambi vient de s'adonner à son exercice favori, à la seule chose qu'il sait faire : Parler pendant des heures sans rien dire de consistant. Dans cet exercice qui ressemble fort à un discours de fin de règne, il a déversé les mensonges et distillé les contrevérités. Encore une fois, nous avons eu droit aux éternelles promesses. A l'entendre parler, tout baigne, tout va pour le meilleur des mondes, nous sommes sur la bonne voie. Très imbu de sa personne et dans un style où le «Je» et le «Moi» abondent, l'homme au turban a passé le plus clair de son temps à se plaindre comme un enfant des critiques de sa politique qui ne trouve aucune grâce aux yeux de ses adversaires. En tout cas, les efforts déployés pour défendre un bilan qui est largement négatif et une image personnelle irrémédiablement écornée par les dérives mafieuses et monarchiques n'ont pas convaincu.

Du point de vue de la forme, le discours de l'Ayatollah est resté fidèle au comportement narcissique et brouillon de son auteur. Un véritable show où l'autosatisfaction et la médiocrité rivalisent avec le manque de vision politique à long terme. Vous pouvez tenter l'exercice et vous remarquerez que le «Je» et le «Moi» ont été utilisés à 248 reprises. Son propos peut être résumé ainsi : « Je suis le centre du monde. Le meilleur Président que le pays ait connu. Grâce à moi, le pays rayonne de mille feux. Vous risquez de regretter mon départ ». Visiblement, le ridicule ne tue pas.

Pour ce qui est du fond, nous avons eu droit à un tissu de mensonges. D'abord, l'Ayatollah refuse obstinément d'assumer l'échec de sa politique hasardeuse et sans consistance, préférant en attribuer la responsabilité à ses collaborateurs. En la circonstance, il oublie la notion de solidarité gouvernementale qui exige que tout l'équipage d'un bateau doive en cas de naufrage, en assumer collectivement toutes les responsabilités.

Elu pour mettre en œuvre une politique articulée autour de 4 projets majeurs, Sambi a pris le soin par lâcheté d'esquiver les points qui fâchent. Dans son bilan à mi-parcours, avez-vous entendu de sa bouche un mot du projet habitat qui nous a été vendu comme une valeur sûre ? Alors qu'aucune maison en briques n'est sortie de terre, vous a-t-il dit ce qu'il avait fait des 2 milliards offerts par l'Arabie-Saoudite ? Pour ce qui est de la bonne gouvernance et de la lutte contre la corruption, nous sommes loin du compte. Les intérêts de l'Etat sont sacrifiés au profit de sociétés étrangères sans une juste compensation. Son vice-président Idi Nadhoim est mouillé jusqu'au cou dans l'affairisme.

Les marchés publics sont attribués aux copains sans appels d'offres moyennant, naturellement, des bakchichs. Les sociétés d'Etat sont devenues des filiales de Beit Salam et des pompes à fric pour les opérations occultes. Quand le directeur des hydrocarbures s'offre le luxe d'offrir au vu et au su d'une population affamée des véhicules 4X4 neufs à ses collègues et cela en toute impunité, nous sommes en droit de nous interroger sur la volonté réelle de l'homme au turban de lutter contre la gabegie, la corruption et les arrangements entre amis. La main sur le cœur et au nom de Dieu, Sambi jure n'avoir jamais volé un centime à l'Etat. Nous aimerions bien le croire mais, nous nous demandons en même temps d'où viennent les millions qui alimentent la fondation de sa femme. Pourquoi, toutes les aides destinées au pays ne sont-elles pas reversées à la banque centrale mais atterrissent à la présidence ? A quel usage cet argent est-il affecté ?

Sambi dit être le Président de tous les comoriens. Cela est totalement faux. Les nombreuses nominations souvent à des postes stratégiques, n'obéissent à aucun critère de compétence. L'origine géographique, les liens familiaux et amicaux semblent être les seuls motifs de choix. Le Mollah a transformé l'appareil d'Etat en propriété privée, pour utiliser un mot comorien en chamba. Cela nous rappelle les anciens régimes notamment, l'époque Djohar-Mchangama. En somme, dans ce domaine, c'est le changement dans la continuité.

Pour ce qui est de la Justice qui constituait pourtant un des piliers de sa politique, l'échec de Sambi est cuisant. Ses ingérences dans les dossiers judiciaires sont courantes. Lorsque des citoyens sont interpellés et emprisonnés pour leurs opinions politiques, on ne peut pas parler d'avancée ou d'enracinement des valeurs démocratiques dans notre pays. L'incarcération suivie de la mort d'un syndicaliste dans des circonstances obscures n'a donné lieu à aucune enquête sérieuse. Aujourd'hui, sans avoir été jugés, des militaires croupissent dans la caserne du général Salim. Les principaux auteurs des exactions commises à Anjouan coulent eux, des jours paisibles à Mayotte et au Bénin avec la complicité bienveillante de notre partenaire historique, la France. C'est tout simplement une honte pour la République.

En effet, les Comores sont un pays où plus de 70% de la population active vit de l'agriculture et de la pêche. Avez-vous entendu le Mollah Sambi faire mention de projets spécifiques et d'envergure à l'endroit des cultivateurs et des pêcheurs ? Vous ne trouverez pas non plus une seule fois dans son discours les mots Education et Santé. Toujours fidèle à sa philosophie de petit commerçant, ces secteurs ne doivent révéler aucun caractère prioritaire. Dans son souci de s' enrichir et favoriser les siens avant la fin de son mandat, il est clair que seules les activités lucratives à court terme l'intéressent.

« Dieu m'est témoin. Je ne cherche pas à m'éterniser au pouvoir». En prononçant ces paroles et surtout en prenant Dieu le Tout Puissant à témoin, le Mollah Sambi commet un blasphème, c'est-à-dire, une insulte à la Divinité Suprême. J'avoue que j'arrive assez souvent à douter de la foi de cet homme qui ne tient jamais ses promesses et qui, de surcroît, associe Dieu à toutes ses turpitudes. La vérité est que tous les observateurs avertis s'accordent à dire que la stratégie mise en place par Sambi vise comme seul objectif, la confiscation du pouvoir. C'est le Président lui-même qui a évoqué Machiavel pour qui, la fin justifie les moyens. Pour ceux qui ne l'ont pas encore compris, il s'agissait d'un discours de campagne à partir duquel, Sambi a voulu nous faire croire qu'il a réussi à mettre le pays sur les rails et qu'il faut lui accorder à l'assemblée, une majorité qui décidera de la prolongation de son mandat.

J'ose espérer que les électeurs comoriens ne se laisseront pas duper mais qu'ils se rappelleront au contraire, de la dégradation quasi constante de leur niveau de vie, des arriérés de salaire, de la corruption généralisée, du favoritisme exacerbé et du recul enregistré dans le domaine des libertés. Je n'ose même pas évoquer la gestion du dossier mahorais. Après maintes gesticulations et reculades, notre Ayatollah vient de nous sortir derrière les fagots un plan de crise qui brille par son inapplicabilité. Le principe d'un pays, deux administrations, nous semble être un subterfuge de plus pour éluder le problème.
Pourquoi Sambi et ses amis Dossar et Djaffar n'ont jamais eu le courage de refuser les expulsions de nos compatriotes de l'île comorienne de Mayotte ? Quand vous aurez trouvé la réponse à cette question, vous aurez tout compris du régime Sambi.

LE 28 SEPTEMBRE 2009 / HOUMADI BACAR
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