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Le blog  Aimons les Comores de SAID IBRAHIM

Une quinzaine de policiers placés sous mandat dépôt

5 Octobre 2009 , Rédigé par aimons les comores

Comores - Une quinzaine de policiers placés sous mandat dépôt

Policiers dans les rues de Moroni (archive)
Crédit photo : E.T./Malango



La décision prise, il y a deux mois, par le gouvernement central de Moroni de placer sous son contrôle les policiers qui relevaient jusqu'ici des exécutifs insulaires continue à faire des vagues.

Une grosse bousculade a eu lieu vendredi 2 octobre au commissariat central de Moroni, lorsqu'une quinzaine de policiers restés fidèles à l'exécutif de l'île autonome de la Grande Comore ont essayé de prendre le contrôle de ce bureau de la police au sein duquel exercent leurs collègues passés sous de l'autorité du gouvernement fédéral.

Cette fois, les deux parties en sont venues aux mains. Les représentants de l'ordre se sont battus à coup de poing. Mais très vite la gendarmerie a pu maîtriser la situation en arrêtant les belligérants.

Profitant de l'effectif réduit observé au commissariat au cours de la grande prière hebdomadaire du vendredi, où une partie des agents de police est affectée à la circulation, ces assaillants ont fait irruption sur les lieux, tentant d'en prendre le contrôle. « Nous n'étions que trois mais nous avons pu les repousser », explique un policier sous couvert de l'anonymat.

Il raconte la scène : « Il était 12h30, lorsque des policiers de l'île ont envoyé un jeune civil frapper au portail du commissariat. La sentinelle croyant qu'il s'agissait d'une personne venue porter plainte ou une tout autre affaire, a ouvert le portail. Soudain, les assaillants se sont engouffrés dans la cour. Certains ont sauté sur les murs et ils nous ont tout de suite envahis. Une partie a attaqué le bureau, une autre s'est employée à hisser le drapeau de l'île [celui-ci a été enlevé depuis que le commissariat est passé sous le contrôle de l'Union ndlr], et enfin une troisième tentait de récupérer les voitures [celle des autorités de l'île qui ont été confisquées par la police ndlr]. Ils étaient armés de bar de fer. Nous n'avons pas voulu résister car nos collègues n'étaient pas présents ». Le drapeau bleu de l'île de la Grande Comore flottera quelques minutes sur le bâtiment du commissariat central qui abrite la police nationale avant d'être enlevé quelques minutes après le passage de la gendarmerie.

Suite à cette attaque, les responsables de la police nationale ont porté plainte pour « violation et agression ». La quinzaine de policiers de l'île arrêtés par les gendarmes ont été mis en garde vue à la gendarmerie avant d'être déférés samedi au parquet où ils étaient entendus par le procureur. Ce dernier a décidé de les placer sous mandat dépôt en attendant leur présentation devant le juge lundi prochain.

« Je n'ai pas encore vu le dossier et j'ignore les faits qui leur sont reprochés », a répondu Me Mohamed Baco, l'avocat des policiers de l'île, au site Malango qui voudrait connaître le contenu de la plainte. « C'est une affaire qui est dépendante du tribunal. On se prépare pour la défense car il y a des éléments objectifs qui justifient l'innocence de mes clients », a-t-il ajouté. Mais décidément ici, les jours se suivent et se ressemblent.

Alors que cette affaire ne fait que commencer, une autre risque de se superposer brouillant ainsi les pistes dans la recherche d'une solution. En effet, ce samedi matin, les agents de la police nationale ont eux aussi effectué « une visite très particulière », à Ngazi Gome, le siège du pouvoir de l'île de la Grande Comore.

Voici le témoignage de Mohamed Saïd Hamadi, l'agent de maison du lieu : « Il était 5h 55 quand j'ai vu la police dite nationale encercler le bâtiment. Ils portaient tous des casques. J'ai tout de suite compris que cette visite toute particulière n'était pas du tout pacifique. Leur chef m'a dit qu'ils étaient là pour occuper Ngazi Gome et que se sont eux qui doivent désormais en assurer la sécurité. Sur ce, j'ai tout de suite pris les cachets du bureau avec moi. Mes camarades ont fui. J'ai remis les cachets au secrétaire général de la présidence à son domicile. Lorsque je suis revenu ici à 8 h00, ils étaient déjà partis ».

A en croire l'officier Mohamed Ashkali , cette décision de la police nationale de prendre le contrôle et la sécurité du siège de l'exécutif de l'île serait motivée par le souci d'empêcher leur rivaux, les policiers de l'île, « d'y rester et y planifier des actes contre la paix sociale ». Conflits de compétences quand tu les tiens...


Faissoili Abdou

Source : Malango
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