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Le blog  Aimons les Comores de SAID IBRAHIM

Le président Sambi abat ses cartes

9 Janvier 2009 , Rédigé par aimons les comores

Lorsqu’il avait, pour la première fois, émis l’idée de reformer la constitution, le président Sambi s’était mis à dos une bonne partie de la classe politique comorienne qui lui prêtait déjà l’intention de prolonger son bail à Beit-salam. Comme pour montrer sa bonne foi, il avait ensuite déclaré être prêt à réduire son mandat pour vu qu’on puisse regrouper les élections, les Comores n’ayant pas les moyens de supporter, au rythme actuel, des scrutins en cascade.

Puis, pour anticiper sur les intentions du chef de l’Etat de jouer aux prolongations, les présidents des îles de Ngazidja et de Mohéli ont proposé de sacrifier un an de leurs mandats respectifs pour qu’en 2010, la tournante tourne. Se sentant contrarié par cette proposition conjointe de M. Abdouloihabi et M. Ali Said, le président Sambi a enfin décidé d’abattre ses cartes, de jouer franc jeu et de demander clairement qu’on lui accorde encore une année sabbatique.

S’il est vrai que la constitution comporte des aspects qui méritent d’être revus et corrigés, l’on se demande pourquoi le chef de l’Etat ne s’en est-il aperçu qu’à un an et demi de la fin de son mandat. Ensuite, c’est seulement dans les grandes dictatures d’Afrique que l’on peut toiletter une constitution et se la faire appliquer. Normalement, c’est le président issu de l’île de Mohéli qui devrait « bénéficier » de ces reformes constitutionnelles. Dans la vie d’une nation, cinq ans représente une bien infime partie de temps. Enfin, le souci du président Sambi de faire des économies à travers ce regroupement des élections est en contradiction flagrante avec l’opacité qui entoure la gestion des finances publiques et le train de vie de l’Etat.

Tout le monde sait que la rigueur économique est un vain mot pour l’actuel chef de l’Etat qui ne cesse de s’offrir des voyages de longue durée dont l’utilité reste toujours discutable. Il a fallu un trésor de persuasion pour l’empêcher de se rendre aux Jeux olympiques de Pékin en août 2008 alors que le pays était en pleine crise de carburant. Ses ministres sautent d’un avion à un autre aux frais de la princesse.

Alors, l’on craint fort que ce « souci de faire des économies » qu’on nous chante à tout bout de champ ne soit l’épaisse fumée destinée à cacher l’intention du président Sambi de s’éterniser au pouvoir au risque de voir le pays retomber dans une autre crise séparatiste. Ce ne sont pas sur des scrutins, en grande partie financés par la communauté internationale, qu’il faudra opérer des économies, mais sur notre mode de fonctionnement et de gestion. Qu’on n’arrête de prendre notre population pour immature!
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