A deux mois du référendum sur la départementalisation de Mayotte qui doit se tenir le 29 mars prochain, le comité maore juge insuffisantes les actions menées par la partie comorienne pour dénoncer la tenue de cette consultation. « On ne voit pas une mobilisation sur la question au niveau du pays. Rien n'est entrepris pour empêcher la tenue de ce référendum », ont déploré les responsables de cette association au cours d'une conférence de presse organisée dans la matinée du samedi 24 janvier au Select hôtel à Moroni.
« On voit à quel point le gouvernement comorien ne mesure pas l'ampleur de la question. Comme s'il n'a pas conscience que ce référendum va changer la donne dans ce différend qui nous oppose à la France », a noté Idriss Mohamed, l'un des principaux animateurs de cette association.
Soulignant le fait que la question du référendum sur la départementalisation de Mayotte doit être un sujet de préoccupation majeure au niveau de tout l'archipel, le comité maore propose au président Sambi de reporter le référendum sur la révision constitutionnelle de l'Union des Comores, dont il envisage d'organiser aussi au mois de mars prochain. « Si ces deux référendums se tiennent au même moment, on risque de reléguer au second plan le combat contre la départementalisation de la quatrième île de notre archipel », ont soutenu les responsables du comité maore pour appuyer leur proposition. Et d'ajouter que « le gouvernement doit prendre à sa juste mesure cette proposition » car autrement « nous comprendrons qu'il soutient le gouvernement français dans sa manœuvre de balkanisation de notre archipel ». Selon les animateurs du comité maore, la partie comorienne a encore les moyens d'empêcher la tenue de ce référendum, mais pour cela, il faut de la volonté et du courage. Ainsi, ils préconisent quatre mesures à prendre en toute urgence pour répondre aux manœuvres des autorités françaises : le report du référendum sur la révision constitutionnelle, saisir le conseil de sécurité de l'Onu sur cette question, porter plainte contre Edouard Balladur à la cour pénale internationale pour crime contre l'humanité, du fait de sa responsabilité sur les centaines des personnes qui périssent en mer en voulant rejoindre Mayotte et enfin, refuser de recevoir les refoulés de Mayotte. Si le différend franco-comorien sur l'île de Mayotte a toujours constitué une pomme de discorde entre les deux pays, la perspective de la départementalisation de cette quatrième île de l'archipel ouvrira a coup sûr la boite de pandore entre Paris et Moroni. « La France doit savoir que si elle tient ce référendum à Mayotte, nos relations ne seront plus comme elles sont actuellement », a avertit Idriss Mohamed du comité maore, sans plus de précision. En effet, il est un fait que tout le monde doit admettre « pour le peuple comorien, aucun statut ne légitimera le maintien de Mayotte dans la République française ».
Source : http://malango-mayotte.com/
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