Le projet de constitution concocté par AHA exigerait une infinité de commentaires comme il mériterait que l'on ne s'y attarde pas du tout, si l'on s'en tenait seulement aux principes.
En effet le premier principe serait de considérer ce projet comme anti-constitutionnel, et donc nul et non avenu, puisqu'il remet en cause une condition fondamentale de la constitution actuelle, l'autonomie des îles (cf. article37 « .... la forme d'organisation de l'Union, telle qu'elle est prévue par la présente Constitution, ne peut faire l'objet d'une révision. »
Le deuxième principe serait de considérer la manœuvre du président comme une atteinte grave à la démocratie et une absence flagrante de probité : en effet, AHA cède par ce référendum à un syndrome bien digne de tous les tyrans du Tiers-Monde, qui consiste à modeler les constitutions pour se servir ; il aurait pu peut être tromper des citoyens mal avisés, en changeant la constitution non pas pour lui même, mais pour son successeur.
Alors, comment accorder le moindre crédit à un homme politique qui bénéficie d'une constitution pour arriver au pouvoir et qui change les règles du jeu, à la fin du mandat pour marcher sur cette même constitution et se maintenir au pouvoir ? : Manifestement la honte ne tue que les innocents qui n'ont rien à se reprocher.
Cependant, force est de parler de cette constitution qui constitue un véritable désastre, à plus d'un titre :
Qu'elle marche complètement sur l'autonomie des îles, n'est pas une parole en l'air : le président de l'île, devient un gouverneur avec pratiquement les compétences d'une simple gestion décentralisée à l'instar d'un maire.
Alors que l'île constituait une véritable entité administrative, économique et politique, la base même de l'Union des Comores, elle devient avec cette constitution, une simple circonscription à la tête de laquelle se trouve non pas, le gouverneur mais le délégué général de l'Union, à l'exemple des Hauts Commissaires de l'Autonomie Interne, un Superman qui concentre tous les pouvoirs de contrôle de l'île.
Il s'agit bel et bien d'une régression centralisatrice avec un semblant fédéral.
Quant à l'aspect financier, le surcoût des institutions dont on nous rabâché les oreilles, on voit bien qu'il s'agit d'un leurre ; non seulement, les institutions ne changent que de nom : gouverneur, commissaires (président et ses ministres), conseil de l'île (assemblée de l'île), mais AHA ajoute d'autres structures ( 3 vice-présidents au lieu de deux et 3 délégués généraux avec leur administration ; qu'on nous explique pourquoi un gouverneur gagnerait moins qu'un président et un délégué général moins qu'un gouverneur ?
L'on sait trop bien que le problème n'est pas lié aux structures, mais à la gouvernance (comment on gère le bien public, on limite et punit les abus et autres détournements de fond etc. ?)
Sur ce plan, AHA est mal placé pour donner des leçons, à voir comment il se sert du pays à son profit, celui de ses proches, et son harem impressionnant, ceci dans l'opacité la plus complète.
Cette constitution est dangereuse aussi, à plus d'un titre : l'Islam y est inscrit comme religion d'état ; on peut se demander si les Comoriens sont moins musulmans aujourd'hui, sans cette stipulation dans la constitution actuelle et surtout pourquoi dans ce cas, les libertés individuelles et publiques ne sont pas elles aussi inscrites dans la constitution et doivent seulement apparaître dans la loi de l'Union.
Qu'est-ce qu' AHA nous prépare après l'adoption de sa constitution ?
Alors que l'assemblée de l'Union pourra censurer les ministres, sous forme de pétition ( ?), rien n'est prévu pour le contrôle du président ou des vice-présidents, en cas de trahison ou d'abus grave.
AHA semble s'opposer à la sécession et prévoit des peines à cet effet, mais la sécession tombe-t-elle du ciel ? Est-ce une malédiction divine ? Ou est-elle le fait de l'homme et de ses erreurs ?
Sur cela, AHA a une grave responsabilité : il est en train de pousser Mohéli à la sécession comme l'a fait un islamiste aussi aveugle que lui, pour ne pas citer Taki avec Anjouan : « Mohéli a droit à la tournante présidentielle aujourd'hui et pas après demain, par principe d'abord et parce qu'on ne sait pas ce que tu réserves à ce pays, demain » ; l'adage dit bien que « qui a bu, boira »
De plus, concernant Mayotte, AHA est doublement coupable: pour n'avoir pas su gagner le cœur des Maorais, en contribuant à construire un pays viable engagé dans le progrès, mais au contraire un repoussoir qui les conforte dans leur choix, et pour avoir prévu de tenir son référendum au même moment que le référendum de départementalisation de Mayotte, ceci pour mieux bâillonner les Comoriens.
Au total, ce référendum et cette nouvelle constitution sont un nouveau coup porté contre le pays et l'argument de la synchronisation des élections n'est que pures balivernes
(au juste, comment va-t-on faire pour les élections d'Anjouan ?)
Le monde politique comorien semble très peu ému par l'organisation de ce référendum constitutionnel.
C'est là une lourde erreur car, encourager les atteintes contre les constitutions et les tripatouillages n'a jamais grandi un pays ni conduit un pays au développement ; de plus, une grande partie de la population de Mohéli et d'Anjouan ont à juste titre le sentiment d'être encore les dindons de la farce.
Et ce n'est pas parce qu' AHA est originaire d'Anjouan, qu'il ne se comporte pas en anti-anjouanais notoire (même ses fervents partisans savent qu'il n'a rien fait pour Anjouan : comme l'autre obscurantiste qui était Taki, il a attaqué et bafoué Anjouan et tous ses grands projets de développement sont réservés pour la Grande-Comore)
AHA cède ainsi comme tous les présidents Comoriens au complexe de la Grande-Comore et de Moroni, et à l'influence de son microcosme politique (pour se ménager sa bienveillance), sa seule velléité de résistance étant de s'enrichir indûment et enrichir les siens (et non les Anjouanais comme on peut l'entendre).
Pour nous, cette nouvelle constitution est inacceptable et ne pourrait être cautionnée par les Anjouanais : la Constitution actuelle est le fruit du sang des Anjouanais et il ne peut être effacé d'un revers de la main, dans un quelconque coin de bureau.
Si révision il doit y avoir, cela ne peut être qu'après le tour de Mohéli, après un bilan général et avec toutes les composantes du pays.
AHA est arrivé au pouvoir, avec le tour d'Anjouan ; Anjouan ne veut pas d'une rallonge pour une présidence obscurantiste, corrompue, népotiste, frivole, incompétente et injuste.
Nous prônons pour le boycott de ce référendum nul et non avenu.
Qu'AHA se soumette à la constitution qui l'a porté au pouvoir !
NON AU REFERENDUM !
NON A CETTE CONSTITUTION BIDON !
Rejoins les rangs de RAPIA (Rassemblement pour les intérêts d'Anjouan), une organisation dont l'unique ambition est de défendre et de servir Anjouan.
Représentant de RAPIA : ZAROUKI
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