Overblog Tous les blogs Top blogs Politique Tous les blogs Politique
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
Publicité
Le blog  Aimons les Comores de SAID IBRAHIM

Me Larifou, en infraction par conviction politique

19 Février 2009 , Rédigé par aimons les comores

Posté le 19.02.2009 par moindjie TRIBUNAL CORRECTIONNEL. Hier, Saïd Larifou comparaissait devant le tribunal correctionnel pour avoir émis des chèques malgré une interdiction bancaire. Pour cette infraction, le procureur a requis 30 000 euros d’amende contre l’avocat saint-pierrois. L’affaire a été mise en délibéré au 3 mars prochain.

Décidément, le parquet de Saint-Pierre ne ménage pas ses efforts quand il croit avoir pris un avocat dans sa toile. Me Saïd Larifou en a fait l’humiliante expérience à la fin de l’année 2007. À l’époque, l’avocat saint-pierrois se retrouve en garde à vue devant la fine fleur de la brigade financière. Il passe même la nuit au poste avant d’être mis en examen. Au terme de l’instruction, c’est pourtant une simple affaire de chèques émis malgré une interdiction bancaire dont il sera question. Pas de fraude fiscale, de détournement d’actifs ou tout autre délit financier donc. Comme le résume le bâtonnier Djalil Gangate en défense, il s’agit bel et bien « d’une infraction formelle ».En 2005, Saïd Larifou est frappé d’une interdiction d’émettre des chèques au motif que plusieurs formules ont été rejetées faute de provision.

« INVESTI D’UN DEVOIR »

L’avocat, investi de dossiers complexes et plongé dans un âpre combat politique aux Comores, n’en tient pas compte. Il continue de payer par chèque avec des rejets en cascade qui culminent à un million d’euros en deux ans. Pour autant, les bénéficiaires n’ont pas à pâtir des difficultés de trésorerie de l’avocat. Car elles sont passagères et celui-ci se fait fort de payer ses dettes au fil des rentrées d’argent. C’est finalement le Trésor public, lassé de ne pas percevoir ses arriérés d’impôt, qui tire la sonnette d’alarme. À la barre, l’avocat plaide la bonne foi. « J’ai immédiatement régularisé avec des espèces ou des virements », tempère-t-il. Et de préciser : « Il y avait parfois un décalage entre l’émission et la présentation des chèques ». D’ailleurs, les banques continuent de les honorer quand le compte est provisionné et cela en dépit de la fameuse interdiction. Quoi qu’il en soit, les difficultés de l’avocat sont étroitement liées au combat politique qu’il mène aux Comores pour accéder aux plus hautes fonctions de l’État mais aussi pour soutenir de nombreuses associations caritatives.

PAS DE PRÉJUDICE

« C’était un choix à l’époque. J’étais très engagé en politique et je me sentais investi d’un devoir. Aujourd’hui, j’en assume les conséquences. » Fin 2007, Saïd Larifou met les bouchées doubles pour apurer les amendes fiscales et les arriérés d’impôt. Il s’est déjà acquitté d’une ardoise de près de 160 000 euros et espère bien être dans le vert à la fin du premier semestre. Le procureur Patrice Cambérou estime « regrettable mais incontournable de devoir juger un avocat à la barre de son tribunal » car, dit-il, « ce n’est pas de la négligence mais un choix assumé qui l’a conduit à une situation grave ». Selon lui, il s’agit d’ « une fuite en avant », avec « un préjudice pour la collectivité, les employés et les organismes sociaux ». Et de conclure : « Il y a là un mépris pour la société qui est préjudiciable à l’image de la justice ». Il requiert 30 000 euros d’amende et une interdiction d’émettre des chèques pendant quatre ans à l’encontre de Saïd Larifou.« Pour parler d’image regrettable, il aurait fallu un préjudice pour la société. Or, on ne lui reproche pas de ne pas payer ses impôts », rétorque le bâtonnier Gangate. Et puis selon lui, il est clair que son confrère a fait un choix. Le choix de livrer un combat politique pour venir à la rencontre de son peuple en grande souffrance sur fond de gabegie, de corruption et de coups d’Etat. « Il n’avait pas l’appui de l’UMP, de la mairie de Paris ou du parti socialiste pour financer sa campagne », explique Djalil Gangate. « Vous avez dit que s’il n’était pas élu il était fichu. Il est certain que s’il avait été élu président, on lui aurait déroulé le tapis rouge et son sort se serait décidé dans d’autres sphères. »

E. L.
Publicité
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article