Le meeting a en fait tourné en procès contre le président Sambi et en examen sur sa personnalité. Les arguments politiques ont hélas étaient moindres.
Le premier meeting de l'opposition s'est tenu à la place emblématique de Bichioni à Iconi, ville dont l'épouse du chef de l'exécutif de Ngazidja est originaire. Une démonstration de force réussie pour avoir réuni plus de 2 mille personnes venues de toutes les îles. C'est aussi une réponse aux différents rassemblements organisés ces derniers jours par le camp du pouvoir.
Le meeting a réuni sur les mêmes rangs, les anciens présidents de Ngazidja et de Mohéli, Mzé Soulé Elbak et Mohamed Fazul, le patron du parti Kasiya, Mohamed Said Abdallah Mchangama, les anciens ministres Omar Tamou, Mtara Maecha, Ahamada Madi Boléro, Ibrahim Halidi et le président de l'assemblée, Dhoifir Bounou. Et sans doute, la star du meeting était le chef de l'exécutif de Ngazidja, Mohamed Abdouloihabi.
Justement, ce dernier, ex-directeur de cabinet du chef de l'Etat, nie la foi musulman de son ancien patron. « Je croyais qu'il était un Homme, un vrai musulman, dit-il. Mais je constate qu'il cachait des cornes dans son turban. » Au paravent, Mohamed Abdouloihabi a qualifié Sambi de « Pharaon » et de « grand mécréant. »
Le chiisme supposé du président Sambi a été également dénoncé à plusieurs reprises notamment par un ulema qui confirme que rituellement les chiites « ne dévoilent jamais leurs vraies intentions. »
Quant à Mzé soulé Elbak qui fait office de porte-parole de l'opposition, il a balayé les arguments du chef de l'Etat selon lesquels les deux hommes seraient de amis de longue date. Et il parle aussi d'«une démission aux obligations constitutionnelles tenues par le président Sambi ».
Les Anjouanais et les Mohélien n'ont pas été en reste. Ibrahim Halidi a assuré aux Mohéliens que la révision ne peut pas se faire à leurs dépens. Pour Boléro, « il n'y aura pas de référendum à Mwali. Combien de temps l'île attend ce jour où un de ses enfants serait enfin à la tête de ce pays ? »
En tout cas les partis de l'opposition refusent de participer à la conférence inter-îles initiée par la communauté internationale et qui devrait se tenir dans la semaine du 2 mars. Le président de l'assemblée a affirmé par ailleurs que « le parlement ne désignera aucun membre pour la commission électorale. »
/image%2F0991960%2F20230906%2Fob_a5153a_received-1335959963886456.jpeg)
