Le président Sambi n’entend pas renoncer à « son » référendum
Il l’a dit et répété : plus question de remiser au placard son projet de reforme constitutionnelle comme il lui a été suggéré par la majorité des participants au Dialogue inter-comorien du 3 au 7
mars à Moroni. Le président Ahmed Abdallah Sambi reste déterminé à jouer les prolongations, malgré la forte opposition des exécutifs insulaires.
Si la mouvance présidentielle s’abrite derrière la constitution pour reconnaître au chef de l’Etat la légitimité de réviser la constitution, elle fait, en même temps, fi de ce principe fondamental en droit international relatif à la non-retroactivité de la loi. Elle minimise surtout le risque d’un retour à la séparatiste. Peut-on choisir entre le souci d’harmoniser les élections et la menace d’une implosion de l’archipel ? Il n’y a là aucune place à je ne sais quelle hésitation.
Même ce prétendu coût des élections en guise de justification de ce projet de toilettage constitutionnel ne résiste pas à la réalité des chiffres puisque l’Etat comorien n’a déboursé aucun kopeck, en tout cas très peu, pour financer les différents scrutins qui se sont tenus, ces derniers temps, dans l’archipel.
Certes, le financement de telles élections relève de la souveraineté nationale ; mais il n’y a pas plus de dépenses de souveraineté que le paiement des agents de l’Etat. Or, nous continuons toujours à tendre la main à nos partenaires extérieurs pour assurer le versement des salaires des fonctionnaires comoriens.
Mais, il se pose aussi la question de savoir quelles sont les priorités nationales du moment. Alors que le pouvoir d’achat du Comorien dégringole au fil des mois, que l’économie nationale est à terre, notamment à cause de l’incapacité criante de la Ma-mwé à assurer sa mission première, celle de fournir du courant à la population, et que les agents de l’Etat accumulent les arriérés de salaires, la population comorienne a-t-elle vraiment la tête à cette réforme constitutionnelle. Seul le taux de participation à ce référendum le dira.
En attendant, le chef de l’Etat enchaîne les visites sur le terrain, notamment à Anjouan et Ngazidja et distribue des millions des francs comoriens sur son passage. A Nkourani, Chindini, Mamoi, Mkazi….il profite de la moindre occasion qui se présente pour aller à la rencontre de la population, histoire de délivrer son message. Et pour prouver sa bonne foi et sa proximité avec la population locale, il ne lésine pas sur les promesses, quitte à mettre la main à la poche. Son discours est toujours reçu cinq sur cinq parce que, comme tout le monde le reconnaît, c’est un grand communicant.
Son discours passe surtout parce que ses opposants ne sont plus crédibles. La cote de popularité du président de l’île de Ngazidja est aujourd’hui proche de zéro ; il multiplie les gaffes et semble naviguer à vue. L’opposition politique au président Sambi traîne tant de casseroles pour prétendre gagner aussi facilement la confiance des Comoriens. « Ce sont tous des politiques qu’on a déjà vus à l’œuvre et qui, pour la plupart, ont mis à genoux l’archipel et cherchent aujourd’hui à revenir aux affaires pour l’achever » dit-on à Moroni.
Il n’y a pas de TGV comorien qui puisse vraiment incarner l’alternance et le changement, même si je ne souhaite pas le sort de Madagascar à mon pays. Les politiques comoriens ont tous quelque chose à se reprocher ; certains ont même du sang dans les mains. Et la population, qui est loin d’être dupe, hésite à adhérer au discours d’une opposition en manque d’arguments.
Mais, revenons au référendum qui, selon toute vraisemblance, pourrait intervenir en avril prochain. La grande inconnue reste l’ampleur du boycott du scrutin auquel appelle la majeure partie de la classe politique nationale. Aucun élément ne permet à ce jour de dire qu’il sera largement suivi, ni de soutenir le contraire. Une chose est sûre : référendum, il y aura. Sur la foi du chef de l’Etat.
Entre temps, on attend avec impatience le nouveau texte qui sera soumis aux électeurs. Le rapport du Dialogue inter-comorien est actuellement entre les mains du président qui, à l’en croire, va puiser les « bonnes propositions » pour enrichir le précédent avant-projet de constitution. Si l’opposition garde encore le silence et semble observer une trêve, c’est peut-être aussi parce que le nouveau texte n’est pas encore à la disposition des Comoriens.
SOURCE : inoussa
Si la mouvance présidentielle s’abrite derrière la constitution pour reconnaître au chef de l’Etat la légitimité de réviser la constitution, elle fait, en même temps, fi de ce principe fondamental en droit international relatif à la non-retroactivité de la loi. Elle minimise surtout le risque d’un retour à la séparatiste. Peut-on choisir entre le souci d’harmoniser les élections et la menace d’une implosion de l’archipel ? Il n’y a là aucune place à je ne sais quelle hésitation.
Même ce prétendu coût des élections en guise de justification de ce projet de toilettage constitutionnel ne résiste pas à la réalité des chiffres puisque l’Etat comorien n’a déboursé aucun kopeck, en tout cas très peu, pour financer les différents scrutins qui se sont tenus, ces derniers temps, dans l’archipel.
Certes, le financement de telles élections relève de la souveraineté nationale ; mais il n’y a pas plus de dépenses de souveraineté que le paiement des agents de l’Etat. Or, nous continuons toujours à tendre la main à nos partenaires extérieurs pour assurer le versement des salaires des fonctionnaires comoriens.
Mais, il se pose aussi la question de savoir quelles sont les priorités nationales du moment. Alors que le pouvoir d’achat du Comorien dégringole au fil des mois, que l’économie nationale est à terre, notamment à cause de l’incapacité criante de la Ma-mwé à assurer sa mission première, celle de fournir du courant à la population, et que les agents de l’Etat accumulent les arriérés de salaires, la population comorienne a-t-elle vraiment la tête à cette réforme constitutionnelle. Seul le taux de participation à ce référendum le dira.
En attendant, le chef de l’Etat enchaîne les visites sur le terrain, notamment à Anjouan et Ngazidja et distribue des millions des francs comoriens sur son passage. A Nkourani, Chindini, Mamoi, Mkazi….il profite de la moindre occasion qui se présente pour aller à la rencontre de la population, histoire de délivrer son message. Et pour prouver sa bonne foi et sa proximité avec la population locale, il ne lésine pas sur les promesses, quitte à mettre la main à la poche. Son discours est toujours reçu cinq sur cinq parce que, comme tout le monde le reconnaît, c’est un grand communicant.
Son discours passe surtout parce que ses opposants ne sont plus crédibles. La cote de popularité du président de l’île de Ngazidja est aujourd’hui proche de zéro ; il multiplie les gaffes et semble naviguer à vue. L’opposition politique au président Sambi traîne tant de casseroles pour prétendre gagner aussi facilement la confiance des Comoriens. « Ce sont tous des politiques qu’on a déjà vus à l’œuvre et qui, pour la plupart, ont mis à genoux l’archipel et cherchent aujourd’hui à revenir aux affaires pour l’achever » dit-on à Moroni.
Il n’y a pas de TGV comorien qui puisse vraiment incarner l’alternance et le changement, même si je ne souhaite pas le sort de Madagascar à mon pays. Les politiques comoriens ont tous quelque chose à se reprocher ; certains ont même du sang dans les mains. Et la population, qui est loin d’être dupe, hésite à adhérer au discours d’une opposition en manque d’arguments.
Mais, revenons au référendum qui, selon toute vraisemblance, pourrait intervenir en avril prochain. La grande inconnue reste l’ampleur du boycott du scrutin auquel appelle la majeure partie de la classe politique nationale. Aucun élément ne permet à ce jour de dire qu’il sera largement suivi, ni de soutenir le contraire. Une chose est sûre : référendum, il y aura. Sur la foi du chef de l’Etat.
Entre temps, on attend avec impatience le nouveau texte qui sera soumis aux électeurs. Le rapport du Dialogue inter-comorien est actuellement entre les mains du président qui, à l’en croire, va puiser les « bonnes propositions » pour enrichir le précédent avant-projet de constitution. Si l’opposition garde encore le silence et semble observer une trêve, c’est peut-être aussi parce que le nouveau texte n’est pas encore à la disposition des Comoriens.
SOURCE : inoussa
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