La reforme constitutionnelle décidée par SAMBI et surtout son intention de se maintenir au pouvoir au-delà de son mandat, risque d'embraser le pays. A Mohéli où les habitants se sentent floués pour ne pas dire arnaqués, la situation risque d'être explosive. Le général SALIMOU qui doit son ascension à son maître SAMBI, se dit prêt à réprimer, au besoin dans le sang, toute velléité de révolte.
Le danger est que notre général sait que sa carrière dans l'armée est intimement liée à celle de l'homme au turban. Une alternance politique entrainera inéluctablement, sa chute, son remplacement à la tête de l'armée. Cela est inévitable car, chaque jour qui passe, il nous démontre qu'il sert plus les intérêts malhonnêtes d'un homme avide de pouvoir que ceux du pays.
Pour notre général, un homme opportuniste à l'égo démesuré, cette hypothèse, cette triste fin, est tout simplement, insoutenable. Il fera donc tout pour retarder les échéances. Indubitablement, cela ressemble à ce que l'on peut appeler en droit, un conflit d'intérêts. La politisation excessive de l'armée et la tentation pour les chefs militaires d'exécuter des ordres manifestement illégaux est une dérive dangereuse à laquelle il convient de mettre un terme sous peine de faire imploser l'institution militaire.
De nombreux faits le prouvent. Comment l'armée que dirige M. SALIMOU se permet-elle de se substituer à la Justice et précisément à l'administration pénitentiaire ? L'AND n'a pas vocation à garder des prisonniers quelle que soit la nature des crimes ou délits commis. Les faits reprochés aux militaires de Bacar (Détention illégale d'armes de guerre, arrestations arbitraires, violences volontaires ... ect) relèvent du droit commun.
En acceptant d'emprisonner des citoyens dans sa caserne de Kandani, le général se met hors la loi et se rend complice d'une forme de détention arbitraire. Il est donc mal placé pour donner des leçons de morale. La vérité est que notre général ne veut pas avouer ses lacunes, les insuffisances et les turpitudes de ses troupes. Après le débarquement, le travail d'enquête effectué par ses gendarmes pour récupérer les armes à Anjouan, n'a apporté aucun résultat alors qu'il s'agissait d'une mission primordiale.
Malgré le satisfecit du général et surtout l'arrogance qu'il affiche, tout le monde sait qu'à Anjouan, les bases du séparatisme n'ont pas été définitivement éradiquées et que le danger est encore latent. Les risques insurrectionnels demeurent relativement, élevés. Non conscient de la fragilité des équilibres politiques et sociaux de notre pays et mû par la seule volonté de rester à Beit Salam, l'Ayatollah prend le risque de diviser le pays et d'ouvrir un autre front à Mohéli. La gendarmerie et l'armée, mal formées aux opérations de maintien de l'ordre, auront du pain sur la planche.
Lors des dernières élections présidentielles partielles à Anjouan, des consignes n'ont-elles pas été données aux militaires pour favoriser la fraude et assurer ainsi, l'élection de TOIYIBOU ? En tout cas, des photographies où l'ont peut voir des militaires en armes dans certains bureaux de vote existent. Cela ne risque t-il pas de se reproduire pour assurer la victoire du «OUI»? Tout laisse croire que la fraude va battre son plein et que les militaires seront encore une fois, mis à contribution.
Récemment, des partisans de M. DJANFARI, qui souhaitaient se rendre à l'aéroport de OUANI pour accueillir leur leader, n'ont-ils pas été purement et simplement empêchés par des éléments de la Gendarmerie ? M. SALIMOU qui a fait l'école de Saint-Cyr et qui de surcroît, se dit être le plus instruit des militaires comoriens, pourra t-il nous fournir une justification légale à l'ordre qui a été donné et exécuté par ses subordonnés ?
Comment M. SALIMOU a t-il pu cautionner la décision illégale de recruter 700 militaires sans suivre la procédure réglementaire ? A cet effet, il convient de rappeler qu'il aurait fallu une loi de finances rectificative de l'assemblée nationale qui, en la matière, est seule habilitée à accorder des moyens financiers, supplémentaires à l'armée. Comment DJANFAR, l'ancien ministre de l'intérieur de Bacar et Abdou Madi (Mjamaoué) ont-ils pu rejoindre Mayotte alors qu'ils étaient sous contrôle judiciaire et donc sous la surveillance de la Gendarmerie ? Quelles sont décisions prises par l'armée pour sanctionner ces manquements graves ? Aucune.
M. SALIMOU doit faire preuve d'un peu d'humilité et ne pas se laisser griser par sa nomination au grade de général. Si le choix du Président au poste de chef d'état-major s'est porté sur sa personne, ceux qui connaissent les dossiers vous diront que sa promotion est le résultat d'un concours de circonstances..Avec le recul, nous savons tous que le départ de Bacar a été «arrangé» et que le rôle de l'armée dans la libération d'Anjouan n'a été que symbolique. Nul ne peut prétendre le contraire. « A vaincre sans péril, on triomphe sans gloire» D'autres officiers possèdent les qualités requises pour occuper le poste.
Par ailleurs, il devrait aussi s'imprégner de l'idée que dans le dessein de préserver son trône et ses privilèges, il ne pourra éternellement piétiner par la répression, avec son maître SAMBI, les lois de la République, notamment, les libertés individuelles. Le souci majeur d'un chef d'état-major comme d'ailleurs, celui de tout fonctionnaire, doit être de servir son pays et non de chercher à préserver ses propres intérêts et ceux d'un homme dont la seule obsession est de se maintenir coûte que coûte au pouvoir.
LE 10 MAI 2009 // HAKIM ALI SAI
/image%2F0991960%2F20230906%2Fob_a5153a_received-1335959963886456.jpeg)